DIAPORAMA | De la foreuse de Jacques au groove de Gregory, Esperanzah! crescendo

Pas soldout mais sans pluie malgré les nuages menaçants, le festival floreffois a donné du cœur et de la joie, ce vendredi, à défaut de toujours trouver la bonne intensité.

Florent Marot
Alexis SENY

Après un lancement fort en rap, Esperanzah! a su se diversifier au fur et à mesure que les heures passaient. Du côté de la scène Alpha (nouvelle scène qui n'en est pas tellement une), c'est l'étincelle swing qui a mis en jambe et embrasé le carburateur du public généreusement gonflé. Avec beaucoup d'humour et pas trop de sérieux, les six d'Uncle Waldo ont définitivement accroché la banane, même chez les plus coriaces.

Tout en bas (les pavés de l'abbaye, à monter et à redescendre, au fil des jours, n'avaient pas franchement manqué aux festivaliers), mais perché trois crans au-dessus dans le délire, Jacques a dicté sa loi à la scène Futuro. Enturbanné tel un charmeur de serpent, cet OVNI de la nouvelle scène électro endort toute méfiance. Endormir, c'est le mot tant tout le monde semble plutôt stone au son de cette musique répétitive. Sans doute n'est-ce ni l'heure ni l'endroit pour ce genre de spectacle. Une festivalière nous rebooste: «Il est habillé en vert, c'est symbolique, il envoie du cœur et de l'amour. Moi, j'rentre dedans. Enfin… j'ai bu trois pastis et trois bières.» Au moment de partir, un ami nous retient. Il fait bien. Jacques sort sa foreuse et en tire une musique qui vient donner la cadence pour relancer la machine. Jacques, bidouilleur incompris jusque-là trouve enfin toute son étoffe d'improvisateur chelou mais fortiche.

Côté jardin, c’est une fleur de l’engagement qui retrouve ses premières racines. Il y a quelques années, c’est seule avec son guitariste qu’Imany prenait possession de la scène. Aujourd’hui, avec sept musiciens, l’ex-mannequin peut s’émanciper sur scène, avec l’élégance de la contestation face à l’intolérable. Outre ses tubes, Imany a repris la Bohemian Rhapsody de Queen mais aussi, inavoué cette fois, un peu de Goldman (le litigieux Don’t be so shy). Un concert mené tambours battants (dès le début du concert) mais dans lequel la chanteuse à la voix grave et profondément soul a joué d’un peu trop de retenue que pour convaincre totalement.

Après quoi, la nuit enveloppant l’abbaye a mené les spectateurs vers ProtoJe, côté reggae, et vers le dernier phénomène du label Blue Note: un Gregory Porter grandeur nature qui, de son jazz coulant tellement de source a illuminé véritablement une première fois le festival.