Un échantillon jugé trop petit

Gilles Colemonts est médecin généraliste à Fernelmont. Après avoir assisté à la réunion de présentation du comité d’experts indépendants, il se montre assez dubitatif.

C.N.

«On se pose la question de la nécessité d’avoir un tel panel d’experts pour finalement n’analyser que 3 rues, ce qui correspond à 9 cas de cancer. On aura presque un expert par cas». Ce qui semble donc réellement interpeller le médecin, c’est la méthode de travail choisie. Selon lui, il faut au minimum 1 000 personnes pour tenter de tirer des conclusions. «L’échantillon est petit et il ne prend en compte que les cancers et non les autres troubles», ajoute-t-il. Avant de poursuivre: «Je trouve ça également étonnant qu’il n’y aura pas de contact et de recherche à propos des terrains, des agriculteurs, etc.» Même s’il souligne le progrès de cette nouvelle étude par rapport à celle menée par l’AViQ (Agence pour une Vie de Qualité) jugée dépassée et incomplète, le médecin explique qu’il s’attendait à un projet plus ambitieux. «Je devine que c’est coûteux mais on nous balance quelque chose à petit prix pour essayer de rassurer. Je me demande si c’est un coup de com’ou un véritable souhait de répondre à des questions plus larges, commente-t-il. J’ai peur d’un message faussement rassurant.» Finalement, il repartira de la réunion en restant sur sa faim. «En tant que médecin, nous sommes venus avec des questions et on nous dit qu’on n’aura pas de réponses. Je m’interroge sur l’intérêt de notre présence.» Même sceptique, Gilles Colemonts explique tout de même vouloir faire confiance à l’étude scientifique qui sera menée.