Ça chauffe avec les éoliennes

Une salle bondée à Éghezée, des riverains bien chauffés à Meux... Les récents projets éoliens hesbignons font monter le thermomètre.

Samuel Husquin
Ça chauffe avec les éoliennes
12650993 ©© EdA

Dans la plaine de Boneffe ou au bois des Sept Voleurs, entre Meux et Grand-Leez, un seul sujet ventile toutes les conversations : les éoliennes.

Balayé par les vents et très agricole, le plateau hesbignon est littéralement pris d'assaut par les promoteurs. Et c'est un véritable vent de révolte qui est en train de se lever du côté des riverains directs des imposants projets futurs. On en a la démonstration lors des soirées d'information, comme celle de mercredi dernier à Éghezée, ou de la semaine prochain à Grand-Leez (lire article plus bas).

À Éghezée, la salle du centre culturel était bien remplie, et chauffée, pour la présentation du projet d'Air Energy. Voici les grandes lignes de cette rencontre qui n'en fut pas vraiment une.

1. Le projet. Air Energy a introduit à la mi-septembre une demande pour un parc de douze éoliennes, plaine de Boneffe, dans ces campagnes à la croisée des communes d'Éghezée, Ramillies et Orp-Jauche. Les machines, alignées en trois rangées, culmineront à 150 mètres. L'enquête publique est actuellement en cours et prend fin le 25 novembre prochain.

2. Proximité. «Nous sommes des campagnards et notre bonheur, c'est aussi de pouvoir dormir, la fenêtre ouverte. Si votre projet se réalise, ce ne sera plus possible», déplore M. de Cartier. Comme beaucoup d'autres riverains, le Hesbignon dénonce la trop faible distance entre les machines et les habitations. «C'est pour réduire les risques de nuisances sonores et visuelles que quatre éoliennes que l'on a conseillé au promoteur de supprimer quatre éoliennes. Les deux plus au Nord étaient trop proches de Jandrenouille, et les deux plus au Sud étaient trop proches de Taviers», expique-t-on du côté de CSD, le bureau qui a réalisé l'étude d'incidences. Le technicien signale quand même que 250 habitants se retrouveront dans un rayon d'un kilomètre des futures éoliennes. Une partie du village de Branchon est à 730 mètres, Taviers à 820 mètres, Ramillies à 1020 mètres.

3. Nuisances et finances. Oiseau de mauvais augures ou prophète visionnaire, un riverain des fameuses éoliennes d'Estinne (qui culminent à plus de 200 mètres) a mis en garde les futurs riverains. «Beaucoup d'enfants ont du mal à trouver le sommeil, lance cet opposant, ingénieur de profession. Même avec des doubles rideaux, le balisage lumineux de nuit est toujours perturbant. Sans parler du bruit...» Et l'adversaire d'aller très loin dans ses déclarations. «Au passage, c'est avant tout du business. Les deux fondateurs d'Air Energy ont revendu leur société aux Hollandais après six ans. Et chacun a empoché au passage plus d'un milliard de francs belges.» Les responsables actuels d'Air Energy, présents pour répondre au question, n'ont pas réagi à cette annonce. Qui ne dit mot consent? 4. Et l'écologique? Plus fondamentalement, les opposants présents dans la salle se posent la question de la réelle utilité écologique de ces projets éoliens. Intervient alors Étienne Louesse, médecin taviétois, ancien échevin. «Vous préféreriez un derrick dans vos campagnes? Ou qu'arrive dans notre région le train des déchets nucléaires que refusent les Allemands? Je ne voudrais pas que mes petits-enfants me reprochent un jour de n'avoir rien fait pour sauver la planète», lance-t-il entre huées et applaudissements. La question n'est pas tranchée.