Des squelettes de hyènes découverts en Wallonie témoignent des pressions écologiques

Une nouvelle étude de chercheurs belges sur 300 squelettes de hyènes des cavernes juvéniles, découverts en 1943 dans la Caverne Marie-Jeanne près de Dinant, a démontré de fortes pressions écologique sur ces animaux voici 45.000 ans, indique l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Des squelettes de hyènes découverts en Wallonie témoignent des pressions écologiques

Cette caverne a été utilisée comme repaire de carnivores où l’hyène venait se réfugier pour y mettre bas. Le taux de mortalité exceptionnel des hyénons montrent que les frères et sœurs s’entretuaient pour survivre en période de pénurie alimentaire. Les pressions écologiques subies par ces populations devaient être très importantes à cette époque, explique l’IRSNB.

Des chercheurs ont réexaminé les résultats des fouilles menées en 1943. Parmi les 15 espèces animales retrouvées dans cet ensemble vieux de 43.000 à 47.000 ans, ils ont pu identifier le mammouth, le rhinocéros laineux, le bison, le cheval, et aussi les grands prédateurs tels que le loup, l’ours, le lion, et surtout l’hyène des cavernes

Pas moins de 323 squelettes de hyènes juvéniles ont été identifiés. "Si les restes fossiles d’hyène des cavernes sont fréquemment retrouvés en contexte préhistorique en Europe, c’est en revanche la première fois que nous retrouvons une telle concentration de nouveau-nés de cette espèce. C’est un phénomène qui n’avait jamais été identifié avant, ni sur le registre fossile, ni chez l’hyène moderne, d’ailleurs. C’est vraiment très intriguant", a expliqué Elodie-Laure Jimenez, auteure principale de cette étude et archéologue à l’IRSNB et à l’université d’Aberdeen.

La grotte a régulièrement été utilisée comme tanière natale par les hyènes des cavernes.

"Le fait qu’il n’y ait que très peu d’individus adultes à Caverne Marie-Jeanne et que la plupart des hyènes ne soient âgés que de quelques semaines indique que ce site n’était pas là où le clan vivait. En revanche, la grotte a régulièrement été utilisée comme tanière natale par les hyènes des cavernes, et ce durant de nombreuses générations", précise encore la scientifique.

"Dans un contexte de pressions écologiques importantes, la mère devait voyager de longues distances pour trouver des proies et laissait alors ses petits seuls dans la tanière pendant de longues heures, voire jours. C’est typiquement dans ce genre de contexte que le caïnisme se manifeste le plus", ajoute la scientifique.

La hyène des cavernes a disparu voici 14.000 ans. Elle était un grand carnivore essentiel des écosystèmes préhistoriques eurasiatiques dans lequel elle jouait un rôle essentiel dans le maintien de leur équilibre, au même titre que son principal compétiteur, l’Homme de Néandertal.

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