Il inonde les urgences de centaine d’appels, blesse un policier et zigzague à 140 km/h

Déjà connu de la justice, il risque cinq ans ferme pour un coup de couteau à un policier, rébellions et de nombreux faits de harcèlement.

Ronald PIRLOT
Il inonde les urgences de centaine d’appels, blesse un policier et zigzague à 140 km/h
À Doische, le forcené a blessé un policier qui portait pourtant un gilet par balle. ©sky_diez – stock.adobe.com

«Je peux faire chier qui je veux, y compris un procureur du roi» aurait lancé ce quinquagénaire bien connu de la justice lors d'une de ses précédentes auditions. De fait, il s'en est donné à cœur joie.

À l'audience, d'abord, puisque dès le début de l'instruction d'audience, le prévenu affichait un ton traduisant sa forte irritation. À la question de savoir quels faits il conteste, il a lancé au président Hauquier: «Voici mon dossier, vous n'avez qu'à vous démerder avec!». Face à l'agressivité croissante de l'intéressé, le président a été contraint après quelques minutes de le faire évacuer du tribunal, lui lançant un « bonne journée». «Je t'emmerde» a répondu le prévenu. Propos aussitôt notifiés en vue de futures poursuites.

À cœur joie, le prévenu s’en est donné aussi dans les faits reprochés: 111 appels passés au service 100 dans la nuit du 25 au 26 juillet 2019, 144 à la police dans la seule journée du 17 janvier 2020, 159 appels au 112 lors d’un week-end de septembre 2020. Voici pour les plus significatifs, car la liste continue, notamment avec le blocage de la ligne des urgences de la Clinique Saint-Joseph d’Arlon. Était-ce délibérément pour embêter les gens ou, comme le plaide son avocate, pour trouver une oreille attentive à ses problèmes?

Non content de harceler les urgences policières et médicales en les inondant de communications, il s'est rendu coupable de rébellion armée le 26 juillet 2019 à Doische. Une intervention au cours de laquelle il blesse un policier, malgré le port d'un gilet par balle, avec un couteau de cuisine. «L'on n'ose imaginer ce qui serait advenu sans cette protection» souligne la substitute Vinciane Samain. Il est également poursuivi pour entrave méchante à la circulation routière après avoir zigzagué à 140 km/h sur les petites routes pour empêcher la police de l'appréhender. «Il a déjà reçu quatre fois sa chance et ne l'a pas saisie.», fustige la substitute qui requiert cinq ans de prison ferme.

Orpheline du prévenu évacué, Me Émilie Romain s'attarde sur les causes de ce comportement expertisé «borderline» chez son client. «Tout part des violences sexuelles et physiques subies dans son enfance, alors qu'il est recueilli dans une famille d'accueil. Il faut qu'il soit suivi pour ça.», précise-t-elle, avant de plaider le sursis probatoire. Jugement le 14 avril.