Ciney: les écoles communales victimes de leur succès, place à des containers amovibles

Dans plusieurs écoles communales cinaciennes, l’afflux d’élèves grandissant incite la commune à investir dans de nouvelles infrastructures.

Céline Colinet

Les écoles communales de Ciney font face depuis quelques années à une affluence grandissante d’élèves en leur sein. La conséquence directe de cela réside en un manque de locaux qu’il faut à présent combler. La commune a investi dans des containers qu’elle pourra déplacer au gré des besoins ainsi que dans des structures en dur.

Le point sur Achêne, Sovet et Pessoux

Sont particulièrement concernées par une augmentation de leur population: les écoles communales d’Achêne, Sovet et Pessoux. Achêne fait face à la plus spectaculaire ascension: en 2011, elle comptait 62 élèves contre 118 en 2021 selon les chiffres de Laurence Daffe, échevine de l’Enseignement. L’ancienne législature communale avait d’ailleurs permis la construction de deux nouvelles classes, inaugurées en 2018. Cette année, un nouveau container a été commandé pour pouvoir séparer les 1reet 2eprimaires dès que possible.

Ciney: les écoles communales victimes de leur succès, place à des containers amovibles
©ÉdA

À Sovet, un autre container est arrivé en janvier et héberge désormais un réfectoire et un espace propice à l’accueil extrascolaire. Avant cela, ils mangeaient en classe et devaient se déplacer dans un local éloigné pour certains cours. "Quand j’ai commencé à travailler ici, il n’y avait qu’une classe" , se souvient Marie, institutrice. "L’année suivante, nous avons rouvert une classe maternelle et, cette rentrée-ci, nous avons dédoublé la classe de primaire." Pour 26 élèves en 2011, il y en a aujourd’hui 40. Grâce à cette augmentation, une puéricultrice a rejoint l’équipe scolaire à la rentrée.

Côté Pessoux enfin, "il n’y a pas eu de toute grosse progression en 10 ans puisqu’ils étaient 73 en 2011 et 78 en 2021" , relève Laurence Daffe. Mais, en 2017, le cap des 80 a été passé, raison pour laquelle l’ancien collège décida de créer une nouvelle structure. Celle-ci, en ossature bois, est en voie d’être terminée et sera utilisée dès septembre, pour la classe de Madame Julie, en 6eprimaire.

Ciney: les écoles communales victimes de leur succès, place à des containers amovibles
©ÉdA

Ce bâtiment se justifie dans la mesure où il permettra à la directrice de Pessoux et Achêne, Christelle Collignon, d’avoir enfin un bureau dans l’une de ses deux implantations. Une petite classe lui sera libérée à Pessoux. Pour l’instant, son bureau est à Leignon.

Les atouts des petites écoles

Cécile Abrassart, directrice de l’école de Sovet et de Braibant, se demande si l’augmentation des élèves dans les écoles de village ne serait pas due à un effet Covid, d’un besoin de retour à la nature. "Les parents sont séduits par le fait que ce soit petit et que le cadre est vert. On a un poulailler et un jardin dont les élèves doivent s’occuper, y compris pendant les vacances. Ça les lie et ils participent à la vie du village" , déclare-t-elle. Du côté de Pessoux, on retrouve des hôtels à insectes, des fraisiers ou encore des tables de pique-nique à l’ombre d’arbres centenaires. Le grand luxe.

Un autre atout serait le mélange des élèves d’âges différents. "Les classes verticales permettent que les grands tirent les petits vers le haut. Ils sont plus autonomes" , poursuit-elle. Et la qualité d’enseignement semble aller de pair avec cet afflux, relève l’échevine de l’enseignement avant d’ajouter: "Dans ces écoles de villages, les directrices sont là en soutien permanent et connaissent tous les enfants. Il y a une proximité qu’on retrouve peut-être moins en centre-ville."