Andenne: viol sur une femme vulnérable et tentative d'assassinat d'un policer

Des peines de 7 et 8 ans sont requises contre l’homme qui avait " mis en place un stratagème machiavélique ".

J. V. E.
 Six policiers se sont présentés au domicile du suspect. L’un d’entre eux a été agressé par l’homme, qui était muni d’un couteau et visait la nuque.
Six policiers se sont présentés au domicile du suspect. L’un d’entre eux a été agressé par l’homme, qui était muni d’un couteau et visait la nuque. ©Goodpics – stock.adobe.com 

Le 24 juillet 2020 en soirée, un policier militaire retraité est entré en contact avec une jeune femme vulnérable âgée de 29 ans, dans un bar de Huy. Il lui a fait croire qu’il était son oncle, avant de la ramener chez lui, à Andenne où elle a été violée. À la suite à la disparition de la victime, la zone de police des Arches s’est rendue au domicile de l’intéressé. Sa porte a été défoncée après 40 minutes. Le prévenu avait éteint les lumières et a tenté de donner un coup de couteau de cuisine muni d’une lame de 20 centimètres au premier des 6 agents qui est entré dans son appartement.

Interrogé, l’Andennais, ivre au moment des faits, déclare: “Je n’ai pas provoqué cette rencontre. Je me suis rendu compte qu’elle avait un problème mental une fois que nous nous sommes retrouvés au lit. Elle n’a pas montré de désapprobation à ce moment. Elle dit que je l’ai frappée mais c’est faux.”

Au sujet de l’intervention de la police, l’homme, âgé de 58 ans au moment des faits, précise: "J’étais endormi, j’ai entendu que ma porte était défoncée, par réflexe d’autodéfense, j’ai pris un couteau, je ne savais pas que c’était la police. Je voulais me défendre, pas agresser. J’ai été formé pour défendre mon pays. Si j’avais voulu tuer, je l’aurais fait."

Le conseil de la victime précise que ces faits "odieux" ont "détruit une famille entière". " Il est évident que la jeune femme souffre d’un retard profond, elle a l’âge mental d’une fille de 14 ans et ne sait pas s’exprimer. Il a mis en place un stratagème machiavélique pour l’attirer chez lui. À l’arrivée de la police, elle était paniquée et hurlait, il y avait du sang sur les draps.”

Me Bernès, conseil des policiers, réclame 500€ de dommage moral pour chacun des agents et 1000 € pour celui qui a été victime de la tentative d’assassinat. “Ils se sont mobilisés à la suite d’une alerte enlèvement. Le prévenu a été retrouvé grâce à la plaque d’immatriculation de sa voiture. Il a déclaré qu’il dormait paisiblement ; or, le moteur de sa voiture était chaud. À l’arrivée des policiers, la lumière était allumée ; il l’a éteinte quand ils ont tambouriné, ils ont entendu du bruit à l’intérieur. Il s’est caché derrière la porte, muni d’une arme létale avec laquelle il a tenté de frapper la nuque, une partie vitale du corps, du premier policier qui est entré. La police s’était annoncée, les agents étaient en uniforme. Le coup a été porté de haut en bas, avec force.”

Pour le substitut Gaublomme, le prévenu a "profité de la situation de faiblesse de la victime", pour commettre une "agression sexuelle sordide". "Il n’a, depuis lors, pas pris conscience de la gravité des faits".

Les avocats de la défense plaident une peine assortie d’un sursis probatoire.

Jugement le 2 mars.

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