Assises de Namur: Laurent Badot écope de 30 ans de prison

Laurent Badot a tué sans vergogne sa propre mère Myriam une nuit de juin 2020 à Andenne, avant de fuir sans remords. L’homme de 30 ans a été condamné vendredi à 30 ans de réclusion par la cour d’assises.

J.DO.
 Au terme de cinq jours de procès, Laurent Badot, 30 ans, a écopé d’une peine de 30 ans de réclusion.
Au terme de cinq jours de procès, Laurent Badot, 30 ans, a écopé d’une peine de 30 ans de réclusion. ©ÉdA – Florent Marot

Reconnu coupable jeudi du meurtre de sa mère Myriam Badot la nuit du 7 au 8 juin 2020 à Andenne, Laurent Badot ne pouvait s’attendre à aucune clémence.

Pourquoi ? Parce que l’homicide volontaire avec intention de donner la mort sur un ascendant constitue une circonstance aggravante, au même titre que la torture et le fait de s’en prendre à une personne vulnérable. C’était le cas de Myriam, qui a été aspergée d’ammoniaque et d’insecticide et a subi les violences de son fils alors qu’elle se trouvait affaiblie dans son lit médicalisé après avoir été opérée à la hanche. Elle avait une santé fragile depuis un certain temps. Le trentenaire avait en outre tenté de bouter le feu à la maison de sa maman.

Et aussi parce que, tout au long du procès, Laurent Badot s’est montré extrêmement froid et détaché ne cachant pas sa haine pour sa mère clamant même haut et fort qu’il voulait la voir mourir. "Il n’a eu aucune pitié", avait lancé l’avocat général, Virginie Kerkhofs, lors de son réquisitoire. Elle avait ajouté qu’il avait laissé "pourrir" sa maman dans sa maison durant trois jours après l’avoir tuée, son corps ayant été retrouvé le 11 juin grâce à des voisins. "On ne ferait pas subir ça à une bête", avait déclaré Me Gruslin, avocat des parties civiles.

Pour rendre leur verdict, les jurés, en concertation avec les juges professionnels de la cour, ont notamment retenu l’extrême gravité des faits qui ont été précédés d’une longue série de violences face auxquelles la victime ne pouvait se défendre, le mépris inadmissible pour le respect de la vie humaine dont a fait preuve Laurent Badot ou encore les conséquences dramatiques pour les proches de Myriam Badot.

Ils tiennent également compte de l’absence de remise en question et de regrets du trentenaire, qui se pose en victime, et des conclusions des experts en psychiatrie et en psychologie. Ces derniers avaient relevé une personnalité impulsive, froide et distante, avec des traits antisociaux et paranoïdes.

Le coupable risquait la réclusion à perpétuité. C’est ce que l’avocat général avait requis plus tôt dans la journée en plus d’une mise à disposition du Tribunal de l’application des peines pour une durée de dix ans. Elle n’a pas été suivie sur ces points.

Lors sa plaidoirie, Me Brocca avait mis en exergue six circonstances atténuantes mais les jurés n’en retiennent que deux: l’enfance déstructurée de Laurent Badot, provoquée par la séparation de ses parents, ainsi que son jeune âge et la nécessité de lui laisser un espoir de resocialisation et de reconstruction.