À Namur, la fréquentation du téléphérique va au-delà des espérances

Avec 180 000 visiteurs durant la haute saison touristique, le téléphérique a fait mieux que les estimations nécessaires à sa rentabilité.

Bertrand LANI
 Le téléphérique dans la brume matinale… les chiffres de fréquentation, eux, sont une éclaircie.
Le téléphérique dans la brume matinale… les chiffres de fréquentation, eux, sont une éclaircie. ©ÉdA – Florent Marot 

Un peu plus de deux ans après son inauguration, le téléphérique a trouvé son public. "La fin des contraintes sanitaires liées au Covid a permis le retour progressif de touristes nationaux mais aussi étrangers, permettant de terminer 2022 sur une hausse d’environ 10% de la fréquentation touristique", commente Jean-Charles De Keyser, responsable des infrastructures. L’année 2022 a donc confirmé les premières tendances. En particulier depuis la haute saison. La demande a été telle que deux nouveaux trains de trois cabines ont été installés sur le câble en juin 2022. Et depuis l’été dernier, près de 180 000 visiteurs ont emprunté le téléphérique. "C’est au-delà de ce que l’on avait imaginé", lâche Christian Bouvier, président de la société Poma qui a œuvré au développement du téléphérique namurois avec le concours des sociétés Labellemontagne et Franki. En décembre 2018, le consortium d’entreprises en visite à Namur avait fixé le seuil de rentabilité de l’attraction à 120 000 visiteurs annuels. Le défi est relevé haut la main.

Et Jean-Charles Dekeyser de renchérir: "Le public namurois a également répondu aux attentes. Avec 4 000 abonnements touristiques annuels vendus ou renouvelés, l’ancrage local s’est consolidé pour un public fidèle qui profite pleinement de cet abonnement à usage illimité, aujourd’hui à 37 €."

Seul bémol statistique: le nombre d’abonnés utilisant le téléphérique pour des raisons de mobilité ne décolle pas. Pour rappel, une formule dite urbaine a été mise sur le marché afin de répondre aux besoins des navetteurs étudiants ou professionnels dans des tranches horaires différenciées (en journée scolaire de 7h à 10h et de 17h à 18 h 30). "Le bilan est plus mitigé, reconnaît le gestionnaire. La vente d’abonnements pour cette modalité de transport reste stationnaire à environ 170 unités sans signal d’une réelle progression même si on enregistre une légère augmentation par rapport à 2021 que ce soit en tickets unitaires ou abonnements."

Évaluation à l’été prochain

Avec cette nouvelle année qui démarre, la SA Téléphérique entend consolider un peu plus ses chiffres et tenter, notamment, de convaincre les touristes issus des pays voisins. Et de pourquoi pas réitérer le succès rencontré auprès du public néerlandophone. "On a recensé 7 000 Flamands entre mars et novembre", dit l’opérateur. Une fréquentation dopée grâce à une vaste opération publicitaire sur le terrain.

L’année 2023 est aussi synonyme d’évaluation pour le téléphérique. En effet, le partenariat qui lie l’exploitant à la Ville de Namur arrive à la fin d’une période d’essai de deux ans au 31 août prochain. Les autorités communales analyseront les tenants et aboutissants du dispositif et de la collaboration avec son gestionnaire. Il est toutefois fort peu probable, vu l’enthousiasme partagé autour de la table, que celle-ci soit remise en question.

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