Bièvre: un vendeur de matériel agricole condamné

Il a arnaqué près de 40 personnes: un an de prison avec sursis et 60 000 € de confiscations. Il devra aussi rembourser les victimes

JVE
 Le vendeur prélevait des acomptes, mais les victimes ne voyaient jamais la marchandise.
Le vendeur prélevait des acomptes, mais les victimes ne voyaient jamais la marchandise.

Un vendeur de matériel agricole et forestier de Bièvre comparaissait début décembre devant le tribunal correctionnel de Namur. 44 faits d’escroquerie et d’abus de confiance lui étaient reprochés. Il était également concerné par des préventions de faux, d’usage de faux, de recel, de défaut de collaboration avec le curateur et de défaut de comptabilité.

S’il est habile de ses mains, le prévenu s’est révélé être piètre gestionnaire. Après la faillite de sa société en 2017, il a continué son activité en personne physique et les choses ne se sont pas arrangées. Il travaille aujourd’hui toujours dans le même secteur, en tant qu’ouvrier indépendant.

Des faux et usages de faux commis entre 2019 et 2021 lui étaient reprochés, à savoir avoir trafiqué des certificats d’assurance. Il était en aveux de ces préventions. Le gros du dossier concernait 44 escroqueries et abus de confiance. Les avocats des parties civiles présentes, qui réclamaient le remboursement des sommes détournées, évoquaient tous un même mode opératoire: le prévenu percevait des acomptes pour du matériel (tracteurs, cuves, machines agricoles, épandeur), mais les victimes ne voyaient jamais la couleur de la marchandise. Une d’elles expliquait: "J’ai payé 11 000 € pour un tracteur que je n’ai jamais reçu. Il m’a dit que la firme alsacienne n’avait pas pu procéder à la livraison à cause de la neige. Je l’ai contactée et ils m’ont dit n’avoir jamais reçu de commande de la part du prévenu." Des problèmes techniques, l’attente d’une pièce, un défaut de conformité ou des problèmes de livraison ont également été utilisés comme excuses pour flouer les victimes.

Le conseil du prévenu, Me Lothe, plaidait une peine de probation autonome pour son client. "Il s’agit avant tout d’un litige civil. Il reconnaît devoir de l’argent aux parties civiles, faute de liquidités suffisantes suite à sa gestion et aux faillites successives. Mais il n’a pas utilisé de manœuvres frauduleuses pour obtenir ces sommes, n’a pas voulu escroquer qui que ce soit. L’empêcher de travailler n’irait pas dans le sens du remboursement des personnes lésées."

Le prévenu a été condamné ce mercredi à une peine d’un an de prison et à 2000 € d’amende, le tout assorti d’un sursis probatoire de 5 ans. Il devra suivre la guidance de la commission de probation, ne plus commettre d’infraction et respecter les règlementations fiscales, sociales et comptables.

Il devra en outre rembourser les parties civiles lésées. Une interdiction de commercialité de 5 ans a été prononcée à son encontre, tout comme la confiscation de 60 000 €.

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