Rave party à Sombreffe : un million de dégâts en une nuit selon la propriétaire des lieux

Le propriétaire de l’ancien site Carwall est venu en compagnie d’un huissier constater les dégâts après la rave party illégale.

Thierry CRUCIFIX
 Les forces de l’ordre, en infériorité numérique, avaient attendu la fin de la soirée illégale sans intervenir.
Les forces de l’ordre, en infériorité numérique, avaient attendu la fin de la soirée illégale sans intervenir. ©- 

"Cela en est à pleurer ! Mardi, je suis allé sur place avec un huissier afin d’évaluer les dégâts. Ils ont été partout, les portes ont été forcées, les clôtures sont détruites, les lavabos ont été retirés du mur et il y a partout des graffitis, des feux d’artifice et des aiguilles." Le journal Het Nieuwsblad de ce jeudi donnait la parole à Tom Eeckhout, l’entrepreneur de Wielsbeke qui a fait l’acquisition voici quelques mois de l’ancien entrepôt de Carwall situé dans le zoning de Sombreffe. On le sait, une rave party non autorisée s’y est déroulée la nuit du réveillon, rassemblant 4 000 fêtards. Après quelques jours, les conséquences sont de plus en plus visibles pour Tom Eeckhout et son épouse Fien Barra qui, à la tête de la fabrique de béton Van Thuyne Gewelven, souhaitaient commencer leurs activités dès ce mois. L’entrepreneur flamand avait vu sur l’ancien site Carwall une belle occasion de construire une deuxième fabrique de béton, la place en Flandre pour ce type d’activité étant limitée. En décembre dernier, quelques jours avant les congés du bâtiment, les autorisations nécessaires à l’activité avaient été délivrées et le but était de les commencer en janvier. Malheureusement, cette rave party a rebattu les cartes.

Une organisation via les réseaux sociaux

"Fin de l’année dernière, nous avions déjà eu des voleurs de métaux qui avaient vidé les coffrets électriques. Ceux-ci avaient été refaits mais ils ont à nouveau été détruits durant cette fête illégale", a encore précisé Tom Eeckhout au Nieuswblad. Plus grave encore, c’est la facture de ces dégâts: "Sans exagérer, la facture approche le million d’euros. Cela va nous retarder dans nos projets mais nous ne voulons pas abandonner", a déclaré l’entrepreneur. Qui a bien entendu déposé plainte contre X et qui envisage d’autres actions. "Je comprends que la police en avait plein les mains et je ne peux en vouloir aux autorités locales pour le déroulement de ce genre de fête. Mais je suis fâché sur la manière dont cela a été abordé. Cela a été organisé voici plusieurs semaines par l’entremise des réseaux sociaux. Mais cela est passé outre des radars. Le jour même, il y avait des avis concernant une grosse occupation des trains et que visiblement quelque chose se préparait dans la commune. Le signal qui a été donné était: Allez-y et dans ce cas, il n’y a plus aucun bâtiment vide qui est à l’abri."

DéFI pose aussi des questions

À Sombreffe, DéFI a publié un communiqué de presse reprenant quelques questions restées à ce jour sans réponse. Le conseiller communal Marc Laloux souhaiterait ainsi retracer la chronologie des événements: à quelle heure sont arrivées la police locale, les autres zones de police et la police fédérale ? Avec quel nombre d’agents ? Quelles sont les mesures mises en place pour sécuriser le site et éviter que de nouveaux arrivants puissent y accéder et venir s’ajouter à ceux déjà présents ? Marc Laloux s’interroge entre autres aussi sur le nombre d’arrestations administratives, le nombre de véhicules verbalisés ou enlevés pour infraction aux règles de stationnement, les relevés de plaques, le nombre de tests alcoolémie et drogue réalisés. Qui regrette enfin l’inaction des forces de l’ordre lorsque les feux d’artifice ont été tirés à côté d’une entreprise classée SEVESO. "Nous sommes dans un état de droit et ce week-end celui-ci a sans doute montré ses limites. Espérons que l’on pourra en tirer des conclusions pour l’avenir et qu’un plan d’action soit mis en place pour réagir efficacement en cas de récidive."

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