Namur : un père d’accueil condamné pour faits de mœurs à la cour d’appel de Liège

L’homme qui a entretenu des relations avec des gens beaucoup plus jeunes que lui a estimé qu’il avait été mal jugé parce qu’il est homosexuel.

Sarah RASUJEW
 Le prévenu estime que la Cour n’aurait pas posé les mêmes questions s’il était hétérosexuel. Ce qu’elle n’a pas apprécié.
Le prévenu estime que la Cour n’aurait pas posé les mêmes questions s’il était hétérosexuel. Ce qu’elle n’a pas apprécié. ©Concept web Studio – Fotolia 

Un psychologue, éducateur, professeur et père d’accueil de la région de Namur a été condamné à huit mois de prison avec sursis probatoire de cinq ans et une interdiction professionnelle de dix ans par la Cour d’appel de Liège pour avoir commis des gestes déplacés sur un jeune garçon placé chez lui.

Le jeune homme a expliqué que son père d’accueil lui avait touché le sexe alors qu’il dormait. Il a également déclaré qu’il lui avait touché les fesses et laissé traîner sa main au niveau de ses parties intimes alors qu’ils regardaient la télévision.

Après avoir dénoncé ces faits, le jeune homme a refusé de retourner chez son père d’accueil. Lors de son passage devant la Cour d’appel, le prévenu a estimé qu’il n’avait pas été entendu lors de son passage devant le tribunal correctionnel de Namur et qu’il était jugé de manière différente en raison de ses préférences sexuelles. "J’aimerais être jugé par quelqu’un de neutre", avait d’emblée déclaré le prévenu. "Je reconnais lui avoir touché les fesses, dans le cadre d’un jeu qu’il a initié. Les faits relèvent du touche-pipi. La première fois qu’il m’a touché les fesses, j’aurais dû mettre le holà parce que j’avais l’autorité."

La victime a déclaré que le suspect avait passé sa main sous ses vêtements pour lui toucher la peau. Ce que le prévenu a démenti. "Il n’y a pas de connotation sexuelle." Lors de son audition à la police, le suspect a fait une déclaration pour le moins étonnante. "Avec le recul, je me rends compte que l’on s’approchait d’une relation ambiguë, avec laquelle ni lui ni moi nous ne nous serions sentis à l’aise."

Le parquet général a rappelé que le prévenu avait entamé par le passé une relation avec un garçon de 17 ans alors qu’il était lui-même âgé de 35 ans. Il a également entretenu une relation avec une très jeune fille. Il a également démenti avoir surfé sur le darkweb à la recherche d’images pédopornographiques. "Je n’ai jamais été sur le darkweb voir des images interdites. C’est un jeune placé chez moi qui a surfé. Rechercher" Teen and young ", c’est un moyen d’avoir accès à des images avec des personnes plus jeunes. Il ne s’agit pas de mineurs d’âge. On me fait passer pour un vilain prédateur sexuel. Si vous avez besoin d’un quota de pédophiles. Aurait-on posé les mêmes questions si j’avais été hétérosexuel ?" Une remarque qui a passablement irrité la Cour. Elle n’a d’ailleurs pas apprécié qu’on la soupçonne de traiter les prévenus de manière différente selon leur orientation sexuelle. Au bout du compte, les magistrats ont estimé les faits établis puisqu’ils ont condamné avec sursis probatoire le père d’accueil.

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