Namur: un couple de boulangers doit répondre du blanchiment de plus de 400 000 €

" Ils ont spolié l’État pour se faire leur bas de laine ".

julien van espen
 L’argent était repris en liquide dans les 3 dépôts de la boulangerie.
L’argent était repris en liquide dans les 3 dépôts de la boulangerie. ©ÉdA – 60331378363

Le parquet de Namur a requis mercredi devant le tribunal correctionnel des peines de travail de 200 et 160 heures de travail, 1000 euros d’amende et des confiscations à hauteur des montants blanchis à l’encontre des membres d’un couple accusé d’avoir détourné et blanchi plus de 402 000 € des comptes de sa SPRL, entre 2015 et 2020. Une interdiction professionnelle de 5 ans est également requise contre le prévenu.

Ce dernier, un boulanger, allait directement chercher de l’argent liquide dans les caisses de ses 3 dépôts situés sur le territoire de la province de Namur, avant de les faire transiter par les comptes en banque de ses enfants et de sa femme puis de se les reverser.

Questionné par le tribunal, il n’a pas nié les préventions reprochées, expliquant qu’il avait agi de la sorte. L’argent, qui n’avait pas été dépensé, a été retrouvé et consigné sur le compte de l’Organe central pour la saisie et la confiscation. "Cet argent a bien été prélevé du chiffre d’affaires de la société. J’avais pas mal d’impayés et je voulais éviter des frais et éviter d’être trop taxé, que ce soit en cotisations sociales ou en impôts." Depuis, le prévenu a revendu sa boulangerie et travail comme indépendant, en sous-traitance.

La substitute Debelle s’est dit stupéfaite par la désinvolture affichée par les prévenus qui ont spolié l’État. "Les faits ont duré pendant près de 5 ans, durant lesquels leur société n’était pas en difficulté. Les prévenus ont ainsi échappé à la taxation mais ont aussi créé une situation de concurrence déloyale envers les concurrents qui, eux, s’acquittent de leurs taxes et jouent le jeu. Il y avait dans le chef des prévenus une réelle volonté de dissimuler, de camoufler, même maladroitement. Ils ont spolié l’État pour se faire leur bas de laine. Il y a dans leur chef une absence totale de prise de conscience."

Me Leboutte, conseil des prévenus, plaide l’acquittement pour la prévenue. La suspension du prononcé est plaidée pour son mari.

Jugement le 21 décembre.

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