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La bourgmestre de Jemeppe-sur-Sambre dans la peau d’une policière (vidéo)

Stéphanie Thoron (MR) a mis l’écharpe mayorale de côté et a enfilé l’uniforme de police le temps d’une journée afin d’être au plus près des réalités du terrain.

Julie Douxfils

Vendredi, 15 h, la bourgmestre se familiarise avec tout l’équipement du policier: gilet pare-balles, ceinturon, menottes, radio, gants de fouille, matraque… "Mais ce sera sans arme pour moi aujourd’hui et pour toujours d’ailleurs !", plaisante-t-elle. Elle sera de service jusqu’à 22 h. Le gilet pare-balles pèse à lui seul 6 à 8 kilos (au minimum). Avec le reste, c’est un certain poids à supporter pour se mouvoir tout au long de la journée. "Depuis les attentats, il est obligatoire tout le temps dès qu’on est dehors", précise le commissaire Frédéric Henry, chef de corps f.f. de la zone.

Stéphanie Thoron a revêtu tout l’équipement policier dont le gilet pare-balles. ©ÉdA-Vincent Lorent

"Parmi mes compétences, je suis aussi présidente de la zone de police. Je suis donc amenée à prendre des décisions pour notre police. L’objectif est de me rendre compte du travail des policiers au quotidien dans divers services, explique la bourgmestre. Aujourd’hui, je suis dans celui dédié aux interventions. Je voulais voir comment leur travail est organisé, comment ils vivent pendant une pause complète avec tout leur équipement et au final mieux appréhender leur vécu et leurs réalités par rapport aux décisions que je pourrais prendre."

Patrouilles doublées le week-end

Après un rapide briefing lors duquel l’inspecteur principal Dany Miller informe les trois équipes du jour sur les endroits qui feront l’objet d’une attention particulière, on embarque à bord d’un véhicule au logo bleu et blanc avec Stéphanie Thoron et Dany Miller pour faire une "P. M.", entendez par là, une patrouille mobile. "Celles-ci sont doublées les nuits de vendredi à samedi et de samedi à dimanche parce que ce sont des moments où il y a potentiellement plus de faits, poursuit Frédéric Henry. Il y a bien sûr des renforts disponibles si besoin. On peut compter sur la solidarité qui existe avec les zones de police avoisinantes comme par exemple Orneau-Mehaigne ou Samsom. Et si nécessaire, celle de Namur peut venir aussi."

Ce jour-là, nous sommes la patrouille Jemeppe 201. "Ce n’est pas la même dénomination à chaque fois, détaille Dany Miller. C’est défini informatiquement. Ça permet au dispatching central de connaître toutes les équipes qui sont présentes sur le terrain." Entre elles, elles communiquent par radio. Les renforts ne seront pas nécessaires cette fois-ci tant la situation est calme. "Ce n’est pas toujours comme ça", sourit l’inspecteur principal. Huit jours plus tôt, la zone de police est intervenue pour arrêter des fuyards après une course-poursuite entre Floreffe et Moustier. Les deux malfrats avaient sauté dans la Sambre pour échapper aux forces de l’ordre. Ils avaient été cueillis sur la rive opposée.

« Mon dada, les aider »

Chaque jour, la police en voit des vertes et des pas mûres: vols, stupéfiants, bagarres, agressions… "Parmi les faits pour lesquels on est souvent appelés en ce moment, ce sont les violences intrafamiliales, entre conjoints ou avec des adolescents rebelles et des parents qui ne savent plus quoi faire, relate Dany Miller. L’aspect social constitue une grande partie de notre travail. Chaque policier ou policière, avec ses sensibilités et son propre vécu, tente d’apporter des solutions aux problèmes des gens. Mon dada, c’est d’ailleurs d’être présent pour les aider. On associe généralement la police à la répression, la sanction et c’est vrai que ça fait partie du job, mais on est avant tout au service de la population. Des gens nous disent parfois qu’ils n’ont pas osé nous contacter pour ne pas nous déranger mais non, il faut nous appeler !"

Sur le siège passager, la bourgmestre écoute attentivement son coéquipier du jour, avant d’observer un contrôle routier de routine. Elle est admirative de leur travail. Cette expérience est aussi l’occasion de discuter des problèmes de sécurité pour lesquels elle est régulièrement interpellée par la population: dépôts clandestins, nuisances, consommation d’alcool sur la voie publique, stationnement abusif autour des night-shops, vitesse, conduite agressive et autres méfaits qui génèrent un sentiment d’insécurité. "En étant sur le terrain, je porte un autre regard, estime-t-elle. Ça me permet aussi de mieux comprendre les requêtes des syndicats quand ils m’interpellent parfois par rapport aux difficultés qu’ils rencontrent. S’ils sont bien au travail et se sentent écoutés, la qualité des services qu’ils rendent aux citoyens s’en ressentira d’autant plus !"

L’avenir de la zone en réflexion

La bourgmestre a été mandatée par le conseil communal pour réfléchir à l’avenir de la zone. "Ça va être compliqué de rester une police monocommunale. Via cette expérience, je voulais aussi avoir une vision plus claire sur certains éléments dans le cadre des décisions qu’on pourrait prendre."

Une expérience qu’elle qualifie "d’enrichissante" au retour de la patrouille et qui n’a fait que conforter le respect qu’elle éprouve pour "ces hommes et ces femmes qui risquent leur vie chaque jour pour protéger les citoyens".

"Je tiens à dire que je suis là si je peux leur apporter quelque chose dans le cadre de ma fonction." Et ce fut le soulagement quand elle a pu ôter son gilet pare-balles. "Au fil des heures, j’avais l’impression d’avoir un sac à dos sur moi. Ce n’est pas rien même s’ils sont entraînés et habitués. Heureusement, je n’ai pas dû courir avec !", s’amuse-t-elle.

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