Ancien site militaire de Salzinnes: Besix devra voir plus petit, selon la Ville de Namur

Sur base des réclamations de l’enquête publique, la Ville juge le projet de futur quartier insatisfaisant. Le gabarit des immeubles pose notamment problème.

B.L.
 Pour voir éclore son projet de quartier sur le site de l’ancien hôpital militaire, BesixRed devra revoir sa copie.
Pour voir éclore son projet de quartier sur le site de l’ancien hôpital militaire, BesixRed devra revoir sa copie. ©BesixRed 

Dernièrement, l’Avenir faisait écho des inquiétudes de plusieurs habitants de Salzinnes, riverains directs de l’ancien hôpital militaire. Pour rappel, le promoteur Besix envisage de convertir le site en un nouveau quartier de 13 maisons et 60 appartements avec 74 places de stationnement hors voirie, un local vélo, une salle communautaire d’une capacité d’environ 120 personnes et un espace vert collectif.

La principale crainte soulevée a trait à la perte d’intimité qu’entraînerait la création d’un tel lotissement, pour les Salzinnois de la rue Eugène Thibaut et, dans une moindre mesure, de la rue Henri Lecoq. Le gabarit des immeubles est jugé trop important alors que Besix avait pourtant réduit sensiblement la voilure par rapport à la mouture initiale du projet.

Cela reste insuffisant, a fait savoir la Ville de Namur dans un communiqué de presse. "La formalisation du projet reste […] critique. Ainsi, le gabarit envisagé de rez-de-chaussée + 3 étages pour l’immeuble ABC, couplé à son implantation le long et à sensible proximité des fonds de parcelles des maisons de la rue Eugène Thibaut, et malgré les amendements apportés suite à la première enquête publique, reste de nature à générer un sentiment d’écrasement, d’inconfort psychologique, une perte d’intimité, et par conséquent de qualité de vie pour lesdites maisons."

L’enquête qui s’est clôturée au début de ce mois a donné lieu à 118 réclamations. Outre les aspects architecturaux, elle a mis en lumière d’autres inquiétudes manifestées par les réclamants comme la mobilité, le stationnement, la perte de biodiversité et l’impact sur le patrimoine bâti.

"Le collège communal a donc analysé attentivement l’ensemble des remarques et considéré nombre d’entre elles comme recevables et pertinentes. Elles ont forgé sa conviction que le dossier n’était pas satisfaisant en l’état, et qu’il devra une nouvelle fois être revu, notamment s’agissant de l’implantation et de la formalisation du projet", précise le cabinet de l’échevine de l’Aménagement du territoire, Charlotte Mouget (Écolo). Et d’ajouter: "Cette révision de l’implantation étant de nature à induire une modification de la voirie, un avis positif ne peut être proposé au Conseil communal à ce stade du dossier. Il appartiendra au porteur de projet, en accord avec les instances communales et régionales, de déterminer la voie procédurale la plus adéquate pour la poursuite de son projet. Si une nouvelle proposition était formulée, elle serait naturellement soumise aux procédures d’enquête publique en vigueur. Les citoyens, citoyennes, riverains et riveraines auraient une nouvelle fois l’opportunité de faire part de leurs remarques et observations."