Coup de couteau mortel à Namur: une rivalité amoureuse

Jeudi soir, un jeune homme de 18 ans est décédé d’un coup de couteau porté en plein cœur. Une rivalité amoureuse serait à la base du drame.

V.D.

Ce jeudi à 23 heures, le procureur du roi de Namur Vincent Macq et le bourgmestre Maxime Prévot (Les Engagés) ont donné une conférence de presse dans la foulée de l’agression mortelle qui s’était déroulée rue de l’Inquiétude, non loin de la gare, quelques heures plus tôt. Un horaire inhabituel pour une conférence de presse, à la hauteur de la gravité des faits.

Ceux-ci se sont déroulés vers 18 h 30, a expliqué le procureur. "Deux jeunes hommes namurois se connaissant se sont donné rendez-vous sur les lieux, visiblement pour régler un différend relatif à une rivalité amoureuse. Celui-ci a abouti à un coup fatal, porté en plein cœur, vraisemblablement avec un couteau de cuisine."

Une autopsie sera pratiquée ce vendredi à midi.

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La victime et le suspect tous deux âgés de 18 ans

Le médecin légiste et le labo de la police se sont rendus sur les lieux. "La victime est née en octobre 2004 et le suspect en mai 2004, a précisé Vincent Macq. Le second est actuellement recherché par la police. Il est en décrochage, et connu des services judiciaires depuis peu pour plusieurs faits."

Le procureur du roi, Vincent Macq, a tenu à préciser que les faits dont il est ici question sont d’ordre privé. Et d’ajouter: "Les motifs précis restent à développer dans la suite de l’enquête."

Pour le bourgmestre Maxime Prévot, il s’agit d’une perte dramatique: "Cet acte nous plonge dans le désarroi. C’est un choc profond pour les familles et toute la communauté citoyenne de Namur."

"Ces faits ne peuvent toutefois pas être anticipés par un travail policier, a tenu à faire valoir le bourgmestre. On ne peut savoir à l’avance qu’il y aura tantôt un règlement de compte entre deux personnes, tantôt une rivalité qui va dégénérer. On exige beaucoup des forces de l’ordre, mais il faut être conscient qu’elles ne peuvent anticiper des gestes soudains, isolés, imprévisibles, aussi terrifiants soient-ils."

« Pas un phénomène de bande »

Le bourgmestre a poursuivi: "Je ne suis pas naïf, je sais que ce drame se joue au cœur de la ville, dans un quartier proche de la gare, qui depuis plus d’un an et demi fait l’objet d’un regain de tension." Affirmant ne jamais avoir pratiqué la politique de l’autruche, le mayeur concède que le quartier est sujet à des rivalités de bandes, de même qu’au trafic de stupéfiants. Bien que les faits survenus ne s’inscrivent pas dans ce cadre, Maxime Prévot s’est montré ferme: "je ne peux me satisfaire du climat d’insécurité actuel."

Le bourgmestre de Namur a rappelé le travail de la police en la matière, l’augmentation du nombre d’effectifs, le développement de nouveaux outils technologiques tels que les caméras de surveillance et l’accroissement des interventions. "J’ai demandé à la police de Namur, ce matin, de mobiliser ses collègues de la police fédérale de manière plus régulière pour mener des opérations coup de poing."

D’ailleurs, pas plus tard que dans l’après-midi de ce jeudi, une "vaste opération" s’était tenue dans le quartier de la gare avec une quarantaine de policiers mobilisés. Et de conclure: "Oui, il y a une insécurité qui gagne du terrain. Mais je ne voudrais pas que cet épisode malheureux amène les citoyens à penser que Namur n’est pas une ville sûre. La police, le parquet et moi-même, nous unissons nos efforts pour pouvoir tordre le cou à tous ces fouteurs de merde."

Le quartier bouclé

Plus tôt dans la soirée, les forces de l’ordre, parmi lesquelles se trouvaient des membres du groupe d’interventions spéciales (GIS), sont descendues en nombre sur les lieux. Les deux accès de la galerie Wérenne, la liaison entre le quartier des Carmes et la place de la Station, ont été bouclés.

Des bâches blanches ont été installées à hauteur du numéro 29 pour barrer la vue aux nombreux passants qui se rassemblaient, le visage hagard.

De nombreux témoins et des caméras

Afin de reconstituer le déroulé des événements survenus ce jeudi soir, les enquêteurs pourront s’appuyer sur les témoignages des nombreuses personnes qui se sont d’ores et déjà manifestés. Des caméras étant installées dans cette zone de la ville, celles-ci pourront peut-être permettre d’en apprendre davantage encore. «Il faut voir si l’angle de la caméra était effectivement orienté à ce moment précis vers la scène. C’est un des nombreux devoirs que le juge d’instruction va ordonner aux services de police», a indiqué Vincent Macq. «Sil s’agit d’un dossier dramatique, je ne pense pas qu’il s’agira d’un dossier très compliqué du point de vue judiciaire.»