Coup de couteau mortel à Namur dans un contexte de rivalité amoureuse: la victime, Esteban Soltau Diaz, était élève à l’Ilon-Saint-Jacques (vidéo)

Le jeune homme décédé d’un coup de couteau jeudi soir rue de l’Inquiétude à Namur, Esteban Soltau Diaz, était âgé de 18 ans. Un suspect, prénommé Arthur et du même âge, a été interpellé ce vendredi matin.

Samuel SINTE

Esteban Soltau Diaz, avait 18 ans et était étudiant en 5eprofessionnelle, section hôtellerie, à l’institut Ilon-Saint-Jacques à Namur.  Ce jeudi soir, il a reçu un coup de couteau mortel au thorax lors d’une bagarre avec un autre jeune, rue de l’Inquiétude, dans le centre de Namur. 

Vendredi au petit matin, un suspect, prénommé Arthur et lui aussi âgé de 18 ans, a été interpellé à Andoy.  Explications.

«Une agression mortelle», rue de l’Inquiétude

Jeudi peu avant 18h30, les secours et les forces de l’ordre, parmi lesquelles se trouvaient des membres du groupe d’interventions spéciales (GIS), descendaient en nombre dans le quartier de la gare, plus précisément à la galerie Wérenne, la liaison entre le quartier des Carmes et la place de la Station. Les deux accès à la galerie étaient bouclés et des bâches blanches installées entre la galerie et le numéro 22 de la rue de l’Inquiétude pour barrer la vue aux nombreux passants qui se rassemblaient, le visage hagard.

Plus tard dans la soirée, le procureur du roi de Namur Vincent Macq et le bourgmestre Maxime Prévot (Les Engagés) donnaient une conférence de presse confirmant les premières informations qui percolaient sur place, évoquant une agression mortelle. «Deux jeunes hommes namurois se connaissant se sont donné rendez-vous sur les lieux, visiblement pour régler un différend relatif à une rivalité amoureuse.  Celui-ci a abouti à un coup fatal, porté en plein cœur, vraisemblablement avec un couteau de cuisine», expliquait Vincent Macq.

Un échange de coups, puis soudain un couteau

Le drame s’est joué sur la voie publique, entre la galerie et le snack «L’îlot Pâtes» devant plusieurs personnes qui ont assisté à la scène. «Je venais de démarrer mon service et j’ai vu devant ma vitrine deux jeunes qui étaient en train de se bagarrer, raconte notamment Maria Di Stefano, patronne de «L’îlot Pâtes». Plusieurs personnes sont intervenues pour les séparer, puis à un moment la bagarre a repris.»

D’après d’autres témoins directs, un couteau serait soudain tombé de la poche d’un des deux protagonistes. L’un d’eux, prénommé Arthur et également âgé de 18 ans, l’aurait ramassé, portant un coup au thorax de son adversaire. «On a tout de suite appelé les secours et en les attendant on a comprimé la plaie du jeune blessé», poursuit Maria Di Stefano, encore sous le choc.

L’auteur du coup aurait pris la fuite sur le moment, avant d’être interpellé le lendemain matin. Le procureur du roi évoque un personnage «en décrochage, et connu des services judiciaires depuis peu pour plusieurs faits.»

Une rivalité amoureuse

D’après nos informations, Esteban aurait récemment flirté avec la petite amie d’Arthur : «Esteban savait que l’autre le cherchait depuis plusieurs jours suite à cela et il avait décidé de le rencontrer pour s’expliquer», raconte Arnaud Haché, patron du café «L’Apéro», situé également à la sortie de la galerie Wérenne et dont Esteban et ses copains étaient des habitués. «Ils étaient là ce jeudi et Esteban est parti pour le rendez-vous. Quelques minutes après, ses amis sont revenus raconter ce qui venait de se passer.»

«Un élève sans histoire, un petit comique»

Ce vendredi matin, sur les lieux des faits, plusieurs dizaines de jeunes se recueillaient, déposant des fleurs en hommage à la victime.

Parmi eux, de nombreux élèves de l’Ilon-Saint-Jacques, condisciples et copains d’Esteban : «Un élève sans histoire, décrit Luc Bourdoux, directeur de l’école. Pour le dire comme ça, je ne l’avais jamais vu dans mon bureau… Il était connu pour être le petit comique et la mascotte de sa classe, qui est un vrai groupe soudé. Il était aussi apprécié par les élèves qui avaient été en classe en 4etechnique avec lui.» Il vivait à Champion, avec ses parents et sa sœur.

Ce vendredi, l’ensemble de la communauté scolaire était sous le choc. Les cours étaient annulés et les services du PMS présents.

Vincent Desguin, Samuel sinte