Homicide de Nico Becker à Beuzet: Gaëtan Legros de retour sur les lieux du crime

Gaëtan Legros, inculpé d’assassinat, et son complice présumé, Alix Verbruggen, ont pris part mercredi à la reconstitution de l’homicide qui s’est déroulé derrière la friterie le Vieux Noyer, le 8 août 2022.

Bertrand LANI
 Gaëtan Legros dit avoir fait l’objet de menaces de racket par Nico Becker sur lequel il a tiré à deux reprises. La scène a été rejouée ce mercredi.
Gaëtan Legros dit avoir fait l’objet de menaces de racket par Nico Becker sur lequel il a tiré à deux reprises. La scène a été rejouée ce mercredi. ©EdA - Florent Marot

Ce mercredi, Gaëtan Legros est retourné sur les lieux de son crime pour les besoins d’une étape cruciale de l’enquête: la reconstitution.

Pour rappel, le Gembloutois né en 1992 a reconnu avoir abattu Nico Becker, 21 ans, le lundi 8 août 2022. Il dit avoir été menacé de racket par la victime. Les faits pour lesquels il est inculpé d’assassinat se sont déroulés derrière la friterie Le Vieux Noyer, située le long de la N4 à Beuzet. Un commerce qu’il exploite et au-dessus duquel il vit.

Ce jour-là, Nico Becker s’est rendu au domicile de Gaëtan Legros. Depuis la fenêtre de son appartement, ce dernier a tiré une première balle au thorax du Jemeppois avec une arme de précision. Il est ensuite descendu et a appuyé sur la gâchette une seconde fois, à bout portant.

Gaëtan Legros doit également répondre d’un incendie volontaire puisqu’il a avoué avoir bouté le feu au véhicule de la victime dans une prairie de Lonzée pour se débarrasser du corps.

Il aurait été aidé par un complice, en la personne d’Alix Verbruggen (né en 1995), coauteur présumé. Ce dernier a reconnu être sur les lieux le jour des faits. Mais a-t-il pris part d’une quelconque manière à l’homicide et dans quelles proportions ? L’enquête doit toujours le déterminer. Il était lui aussi présent ce mercredi.

Un périmètre de sécurité

Successivement puis ensemble, les deux individus ont rejoué la scène devant la juge d’instruction, des représentants de la police judiciaire, d’un greffier et du substitut du procureur du roi en charge du dossier au parquet de Namur. Les avocats des suspects et de la victime avaient également fait le déplacement. La reconstitution a démarré aux alentours de 9 h, d’abord à Beuzet puis à Lonzée, et s’est prolongée jusqu’en fin d’après-midi.

Tout ce temps, le long de la N4, un périmètre délimité avec des barrières Héras recouvertes de bâches avait été déployé afin de garantir le huis clos. Les policiers de la zone Orneau-Mehaigne ont, quant à eux, encadré le dispositif destiné à restreindre la circulation des véhicules sur une bande et canaliser un éventuel comité d’accueil. Ce dernier n’a pas eu lieu.

En août, quelques jours après le crime, les proches de Nico Becker avaient organisé une retentissante marche dans le centre de Gembloux.

Ils contestent la préméditation

Lors de la réunion presse-parquet de mercredi (voir page 16), le parquet de Namur s’est exprimé concernant l’instruction de ce dossier. «Des rapports d’expertise sont en cours ainsi que d’autres devoirs», commente Marie Roquigny, attachée en communication.

Quant aux images des caméras ANPR, qui pourraient donner plus de précisions quant à l’implication du coauteur, Vincent Macq indique que ces données sont toujours attendues. Le seule élément nouveau, c’est que les deux suspects contestent désormais la préméditiation. «Ils contestent qu’ils attendaient la victime (NDLR: au domicile de Gaëtan Legros). Ils reviennent sur leur position.»