Il parcourt 800 km, jusqu'à Rochefort, pour voir une jeune fille de 11 ans

Le prévenu, né en 1998 et originaire du sud de la France, est poursuivi pour diverses infractions de mœurs.

S.M.
 L’homme avait réservé une chambre d’hôtel pour son séjour à Rochefort. Il y a emmené la jeune fille de 11 ans, qui a déclare avoir subi un viol.
L’homme avait réservé une chambre d’hôtel pour son séjour à Rochefort. Il y a emmené la jeune fille de 11 ans, qui a déclare avoir subi un viol. ©mantinov – stock.adobe.com 

Le jeune homme de 23 ans qui s’est présenté ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Dinant est en détention préventive depuis neuf mois. Le 2 décembre 2021, il a été interpellé par la police après avoir passé la journée avec une jeune fille de 11 ans. Une journée durant laquelle il y aurait notamment eu une relation sexuelle complète.

C’est la maman qui a donné l’alerte. "Lorsqu’elle s’est rendue à l’école de sa fille à 16h30 pour la récupérer, on lui a dit qu’elle ne s’était pas présentée de la journée. Grâce à la téléphonie, sa fille a pu être géolocalisée", indique son avocat MeClosson.

Originaire de Carpentras dans le sud de la France, l’homme dit avoir rencontré cette jeune fille "par hasard" sur Omegle (un site de messagerie instantanée). "On a branché nos webcams. Elle m’a d’abord dit qu’elle avait 15 ans puis qu’elle en avait 13, après avoir beaucoup parlé", explique le prévenu. C’est en réalité avec une fillette de 11 ans qu’il discutait. Malgré ce jeune âge, le prévenu s’est masturbé face à la webcam et a demandé à la jeune fille de lui envoyer une photo d’elle dénudée, dans son bain.

Après trois jours de discussion par Internet, le jeune Français a pris la route. Un voyage de 800km direction Rochefort, où il a réservé deux nuits dans un hôtel de la région. Mais avant de s’y rendre, le prévenu a passé plusieurs heures avec la fillette qui aurait normalement dû être… à l’école primaire. Il l’a emmenée dans un parc et au restaurant.

Sur les enregistrements de l’hôtel, on le voit embrasser la mineure à plusieurs reprises: à la piscine ou dans l’ascenseur. "Vous vous comportiez vraiment comme un couple", fait remarquer le président du tribunal. La relation aurait été plus loin encore au sein de la chambre d’hôtel. La jeune fille affirme qu’il y a eu une relation sexuelle complète non consentie, ce que le prévenu conteste. Pourtant, les ADN de chacun ont été retrouvés dans les sous-vêtements de l’autre.

Le parquet de Namur et la partie civile ont mis en avant la manière avec laquelle le prévenu est passé à l’acte. "Il avançait à l’affût en étant gentil, en prenant de ses nouvelles, en mettant des petits cœurs, puis ça dérapait directement sur le sexe. Il n’était jamais méchant et la mettait en confiance, créant ainsi un cercle vicieux dans lequel la victime se sent responsable", précise la partie civile. "Cette jeune fille avait des étoiles plein les yeux, elle pensait avoir rencontré son prince charmant, quelqu’un qui s’intéressait à elle", ajoute le parquet de Namur.

Neuf mois après les faits, la victime commence à se reconstruire. "Elle a été internée durant quatre mois dans un centre. Elle se sentait responsable. Elle était là-bas avec des gens suicidaires, des personnes qui se scarifient,… elle a dû se forger une carapace et prendre conscience que c’est elle la victime. Aujourd’hui, elle se remet seulement", précise sa maman.

Huit ans ferme ont été requis par le parquet de Namur. Une peine trop lourde, pour la défense, qui a mis en avant les conclusions de trois spécialistes, lesquelles disent qu’il y a matière à thérapie. Un maximum de cinq ans de prison assorti d’un sursis probatoire est demandé.

Jugement le 11 octobre.