Budget 2022 à Ciney: l’opposition tire la sonnette d’alarme

Les finances communales sont peu réjouissantes à en croire le directeur financier de la Ville. Au conseil, l’opposition s’est dite très inquiète.

Céline Colinet
 François Bouchat (Écolo) a été le premier à interpeller la majorité.
François Bouchat (Écolo) a été le premier à interpeller la majorité. ©ÉdA – 302296788183 

L’inflation fulgurante actuelle rend la gestion du budget communal cinacien hasardeuse. Que cela concerne le chauffage, l’électricité, l’éclairage public, les charges d’assurances ou l’indexation salariale, il semblerait qu’il faille se montrer économe et prudent dans les mois à venir. Ce qui ne semble pas être le cas, à en croire le directeur financier Bernard Deharre. "Tous les signaux virent au rouge. Il ne suffira pas que l’orchestre continue de jouer pour empêcher nos finances communales de sombrer", a-t-il déclaré dans un avis rendu sur le budget 2021.

Lundi au conseil, la modification budgétaire 2022 était donc attendue par les deux groupes de l’opposition, Écolo et Action, qui se sont dits inquiets face à cette situation. Ils ont d’ailleurs décidé de voter contre le point.

«Je n’ai pas vu de pistes d’économie»

"On pouvait s’attendre à des mesures de prudence, ou de sobriété mais ça ne semble pas être le cas. On pense à des diminutions de dépenses énergétiques en investissant dans l’isolation" , cite par exemple François Bouchat (Écolo), le premier à s’exprimer. "Que mettez-vous en place pour une pérennité de moyens et une indépendance financière? On ne voudrait pas être sous tutelle dans les prochaines années. Malheureusement ces questions ne trouvent pas réponse dans les modifications budgétaires présentées aujourd’hui" , a-t-il poursuivi.

Frédérick Botin prend ensuite la parole. "Parler en second, c’est taper sur un clou que je vais manifestement enfoncer. Quand j’ai tourné les pages du dossier, j’ai été stupéfait et inquiet" , assure-t-il. "Le directeur financier est complètement défavorable sur les implications financières, attirant l’attention sur le fait que la situation s’assombrit et que les mises en garde ne semblent pas être prises en compte. Les taux d’intérêt de +2,5%, certains taux triplent, quadruplent. Les festivités, les déchets, l’énergie, on a toute une série de rubriques qui augmentent et je n’ai pas vu de pistes d’économie."

Au service ordinaire, des suppléments pour les assurances de la Ville ont été ajoutés à la première modification budgétaire de l’exercice, d’autres pour le CPAS, les festivités et la gestion des déchets. À l’extraordinaire, près de 4,2 millions de dépenses nouvelles ont été présentées par le directeur financier, celles-ci étant au bénéfice des ateliers communaux, de l’entretien des voiries/trottoirs et d’appels à projet (patrimoine et festivités).

"J’ai l’impression que vous allez tirer jusqu’en 2024 sans problème mais qu’en 2025, ceux qui seront en place seront confrontés à d’énormes problèmes. Il faudra augmenter les impôts aux maxima. C’est le citoyen qui va payer. Vis-à-vis de lui, il faut des projets qui répondent à ses besoins" , a exprimé Jean-Marie Cheffert qui s’est également dit très inquiet par la charge de la dette. "C’est toujours le débat qui déchaîne Jean-Marie", a rétorqué Gaëtan Gérard, échevin des finances. "Juste une petite chose: on peut jouer avec la dette. Dernièrement, on a fait plein d’emprunts de projets fixés en 2012, car ces emprunts se font à la fin des projets. Prendre une photo fin 2018 et fin 2024, ce n’est donc vraiment pas un bon moyen de comparaison."