Namur: la tortue de Jan Fabre ne bougera pas, les opinions non plus

Une manifestation, une interpellation, une carte blanche et une motion… Ceux qui veulent que l’œuvre de l’artiste anversois condamné pour agression sexuelle dégage ont tenté de convaincre le collège lors du conseil communal ce lundi soir. En vain.

Bertrand Lani
 Le collectif Badass a fait le déplacement devant l’hôtel de ville, le calicot dans les mains et le bandeau sur les yeux.
Le collectif Badass a fait le déplacement devant l’hôtel de ville, le calicot dans les mains et le bandeau sur les yeux. ©ÉdA-Vincent Lorent 

Lorsque l’on fait de la politique, il vaut mieux avoir une carapace solide pour résister aux polémiques. À Namur, la dernière en date vise la tortue de la citadelle dont le créateur, Jan Fabre, a récemment été condamné pour agression sexuelle et violence. De quoi relancer une nouvelle fois le débat sur la séparation entre l’homme et l’œuvre. Les avis divergent. La Ville de Namur a opté pour l’entre-deux en décidant de bander les yeux du personnage qui chevauche l’animal (une représentation de Fabre lui-même) et de couper l’éclairage en soirée et ce, pour toute la durée de la peine dont a écopé l’artiste. Soit 18 mois de prison avec sursis. Un panneau explicatif sera également bientôt installé. Le mayeur a maintes fois expliqué que le geste posé par la Ville avait pour objectif de respecter les sensibilités de chacun sur la question. Forcément, c’est insuffisant aux yeux de ceux qui souhaitent un déboulonnage de l’œuvre d’art. Ceux-là ont à nouveau défendu leur opinion au conseil communal, ce mardi soir. De diverses manières.