Namur: une ambiance pourrie dans un quartier

Rue Julie Billiart, le climat est délétère. Une habitante fait l’objet d’un grand nombre de plaintes.

JVE
 Le grand public a une perception «plutôt mauvaise» voire «très mauvaise» de l’indépendance des juges et tribunaux en Belgique.
Un conflit de voisinage a été évoqué au tribunal de Namur. ©Photo News (Illustration)

Au total, 21 plaintes. La prévenue, appelons-la Marie, a déposé 21 plaintes contre ses voisins de la rue Julie Billiart. Propriétaire d’un immeuble à appartements où elle réside, elle se retrouvait ce vendredi devant le tribunal correctionnel suite à une plainte avec constitution de partie civile. Celle-ci émane de l’avocat de celui qui est concerné par la plupart des plaintes déposées, le tenancier d’un établissement horeca.

Les faits ont eu lieu en 2018. Quand on lui demande de s’expliquer au sujet des faits de harcèlement qui lui sont reprochés, Marie charge la barque de son meilleur ennemi. "Je suis étonnée que ce soit moi qui me retrouve devant le tribunal. Depuis qu’il est arrivé en face de ma maison, il me fait vivre un enfer. Il m’insulte et me fait des gestes obscènes, se gare n’importe où, a installé une terrasse illégalement, il y a des bagarres, du tapage nocturne,… Je subis, les voisins ont peur de lui. J’en ai parlé au bourgmestre qui a menacé de faire fermer son établissement. Je veux juste préserver la paix de mes locataires et les garder."

Me Maudoux a pris la parole pour son client, qui réclame 10000 euros: "Elle parvient encore à vilipender sa victime mais elle est bien le principal élément perturbateur du quartier qui souffre réellement de son aigreur. Ses locataires, qu’elle veut défendre, font partie de ses victimes. Elle tyrannise et hystérise le quartier. Une médiation a été proposée et elle l’a rejetée."

Le parquet réclame une peine de travail de 50 heures contre "celle qui se mêle de tout ce qui se passe dans le quartier". Le conseil de Marie, estimant qu’elle est dans son droit quand elle dépose plainte pour des nuisances bien réelles, plaide l’acquittement.

Jugement le 24 juin.