Namur: la Ville ne veut pas de l'extension de la carrière de Beez

La Ville de Namur a suivi la levée de boucliers des riverains. Son avis est transmis à la Région qui aura le dernier mot.

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 La Ville estime que les nuisances seront trop importantes.
La Ville estime que les nuisances seront trop importantes. ©ÉdA – Florent Marot

Fin 2021, la SA Cimenteries CBR a introduit une demande de permis unique pour le renouvellement de l’exploitation de la carrière de Beez de 85 hectares et, en plus, demandé une extension de la zone de 3,6 hectares vers l’Est. La raison est simple: à ce rythme, il n’y aura plus rien à exploiter du gisement de Beez en 2023. l’exploitation du gisement de Beez, au même rythme, prendra fin Évidemment, dans ce genre de dossier qui rappelle celui de la carrière de Jemelle à Rochefort, le demandeur a fait face à une levée de bouclierslors de l’enquête publique: 334 réclamations et une pétition signée à 503 reprises.

Le collège communal, en séance du 12 avril, s’est donc positionné concernant ce dossier. La réponse est claire et détaillée: c’est non. "La principale motivation de l’avis défavorable du collège communal est le rapprochement de l’exploitation des premières habitations et la réduction de la zone tampon, ce qui aurait pour effet incontestable une augmentation des nuisances subies par les habitants de Beez", indique la Ville dans un communiqué de presse.

Trop proche des maisons

Les éléments, qui détaillent cette décision sont nombreux. Tout d’abord, le déboisement de la zone: "l’extension de la carrière implique le déboisement d’une surface de 3,6 hectares d’une grande valeur paysagère et écologique. Les propositions de compensation faites par le demandeur ont été estimées trop faibles face à l’étendue de la zone à déboiser." Il y a, ensuite, les nuisances pour le voisinage. "les premières habitations seraient à environ 140 mètres du projet. Il y a des nuisances sonores et des vibrations à la suite des tirs de mines et les poussières. Un type de poussière concerne la silice cristalline qui, selon plusieurs études, peut représenter un danger pour la santé humaine. “Il n’est pas normal que les riverains subissent davantage de nuisances à la suite de cette nouvelle extension”, indique l’Échevine Stéphanie Scailquin dans le communiqué. Troisième argument, la réduction de la zone tampon: "L’extension réduirait cette zone de 60 m à environ 15 m. La disparition de cet écran risque d’accentuer la quantité de poussières sur les propriétés des riverains." La Ville met en évidence d’autres arguments comme: le rapprochement de la ligne d’extraction de la carrière vis-à-vis des habitations, que l’extension représente un danger pour la nappe phréatique, qu’un chemin disparaîtrait ou encore que la ligne d’horizon serait rabattue d’environ 10 mètres, ce qui ne manquera pas de redéfinir cette ligne et de modifier le paysage.

Tous ces éléments seront transmis au fonctionnaire délégué de la Région wallonne qui aura le dernier mot concernant ce dossier. Sa décision est attendue pour la fin du mois de mai.