Hamois: compagne et enfants victimes de la violence d’un psychopathe récidiviste?

L’homme est poursuivi pour des coups et blessures volontaires sur son ex-compagne et ses deux enfants âgés de 2,5 ans et 12 ans.

Catherine Dethine
Hamois: compagne et enfants victimes de la violence d’un psychopathe récidiviste?
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Vingt-et-une pages de casier judiciaire, 49 jugements dont 16 condamnations en correctionnelle. Le palmarès de cet habitant de Hamois (né en 1970) est éloquent. Mercredi, il a comparu devant le juge Hauquier pour des coups et blessures volontaires sur son ex-compagne et ses deux enfants dont le plus jeune avait moins de 3 ans au moment des faits. Un dossier pénible, complété par le rapport d’experts psychiatres. Ceux-ci font état d’un "psychopathe impulsif et particulièrement dangereux pour autrui" .

Et c’est bien ce qui inquiète le tribunal. C’est ce rapport circonstancié dont les expertises ne laissent pas de place au doute quant à la nature de la pathologie. Le rapport fait aussi état d’un " mode de fonctionnement antisocial, d’impulsivité et d’absence d’empathie" . Cet homme de 42 ans présenterait un "haut risque de récidive ". Pour le tribunal, il n’y a qu’une seule option: celle de protéger la société.

La scène impliquant le plus jeune enfant s’est passée dans la nuit du 4 au 5 janvier 2021. Cette nuit-là, l’homme avoue avoir bu. Comme le plus petit ne parvient pas à s’endormir, il se propose pour aller voir. " Le lendemain, on a retrouvé l’enfant avec la joue gonflée, des traces d’étranglement au coup, un œil bleu". Des traces qui ne passent pas inaperçues à la crèche. Et puis, il y a l’aîné qui se voit interrogé par la police pour l’agression du petit frère. Là, le père le frappe, le traitant de "collabo".

La mère, victime de violence à répétition, et ses deux enfants qu’elle représente, se sont constitués parties civiles face un cycle de violence conjugales de plus de 3 ans. Violences physiques mais aussi psychologiques. On parle de menaces de mort. Alors que cela fait près d’un an, la femme (par la voix de son avocate) déclare avoir toujours peur. Peur pour son grand fils dont le prévenu serait jaloux.

Les gens, les animaux

Sa violence s’est déjà manifestée par le passé sur d’anciennes compagnes mais aussi sur leur animal de compagnie. Deux chats auraient été tués, l’un avec un pied de parasol; l’autre en servant de balle de basket. Du côté du Parquet, on évoque cette violence que la famille du prévenu a déjà connue par le père.

Le prévenu réplique: " avant, j’avais la haine. Mais depuis cinq mois (Ndlr: date du décès du père) , ça va mieux." N’empêche. Pour le substitut, cela reste un dossier inquiétant " qui pourrait se terminer par un meurtre". "Il reconnaît les faits dans la forme , souligne le Parquet. Mais, il ne se rend pas compte de la violence dont il fait preuve" . Il requiert 40 mois et 2000 € d’amende. M Toussaint, qui assure la défense, rappelle la violence du père du prévenu, décrit comme " un monstre" .

De l’avis du conseil, il faut tenir compte de l’évolution. "L’expert psychiatre parle d’une notion de culpabilité à peine ébauchée" mais à prendre en considération, de l’avis de MToussaint. Il sollicite une peine de probation autonome. Jugement le 4 mai.