241 lapins et cobayes saisis dans la région namuroise

213 lapins et 38 cobayes ont été saisis dans un élevage illégal en région namuroise. Ils devaient être vendus comme animaux de compagnie.

Benoît Wattier

Des lapins par dizaines et des cobayes, entassés dans des clapiers en proie à l’humidité; de nombreuses lapines, placées dans des cages, dont la seule fonction n’est que la mise au monde de lapereaux destinés après quelques semaines à la vente… C’est le triste spectacle qui s’est imposé aux soigneurs professionnels et bénévoles de onze refuges, jeudi, dans un élevage illégal situé en région namuroise. En tout, 241 petits animaux victimes, selon le refuge Animaux en péril, de la vénalité d’un exploitant peu scrupuleux du bien-être animal.

Il semble que ce sont des faits répréhensibles sans rapport avec cet élevage illégal qui ont mené à cette découverte. "Le refuge agréé par la Wallonie, Animaux en péril, de Meslin-l’Evêque (Ath), a ensuite été sollicité par l’unité du bien-être animal du SPW. Mais comme le Rêve d’Aby, basé à Gembloux, est le plus proche, nous sommes intervenus ensemble", indique Sophie Locatelli, vice-présidente d’Animaux en péril. Vu le nombre important d’animaux, neuf autres refuges ont été dépêchés sur place, où les services de police de Namur et les agents de l’unité du bien-être animal étaient déjà présents afin d’assurer la sécurité de l’intervention et faire exécuter la décision de saisie.

"L’état général des lieux révèle une situation déplorable pour les animaux. Tous vivent enfermés dans des cages et lors de l’intervention, ne disposent pas d’éléments essentiels à leur bien-être: nourriture, eau et soins", précise Animaux en péril dans un communiqué. Les "clapiers de fortune" dans lesquelles sont casés les jeunes lapins prêts à être vendus "probablement sur les marchés et en animalerie comme lapins de compagnie", n’étaient guère plus reluisants que les cages réservées aux lapines qui les avaient vus naître…

Les intervenants ont découvert de nombreuses portées. Ils ont travaillé avec la plus grande délicatesse pour extraire les jeunes animaux de la situation misérable dans laquelle ils se trouvaient. Ils ont ensuite été transportés dans les onze refuges des associations Au Bonheur Animal, Help Animals, Le Rêve d’Aby, The Lucky Stars, Silence Animal, Tabula Rasa, La Vallée des Animaux, EquiRêve et Animal sans Toit, ainsi que Het Konijnenhof, un refuge Flamand spécialisé dans les lapins, qui s’est manifesté pour accueillir un grand nombre d’animaux. Une ambulance animalière d’une association néerlandaise est aussi intervenue.

Au total, 213 lapins et 38 cobayes ont été l’objet de la saisie. Dès leur arrivée dans les refuges, ils ont été examinés par des vétérinaires. Ils souffrent de déshydratation, présentent des griffes trop longues et sont infestés de parasites internes. Un traitement sera mis en place rapidement. "Ils profiteront très bientôt de l’herbe fraîche et de grands enclos, de la chaleur et du confort des différents refuges", indique encore Animaux en péril. La ministre wallonne compétente, Céline Tellier, a deux mois pour décider du sort réservé aux petites victimes. Il est plus que vraisemblable qu’ils seront confiés aux refuges qui les ont accueillis. Avant d’être, par la suite, proposés à l’adoption. B.W.

Jusqu’à 15 ans de prison

Le propriétaire, dont les animaux ont été saisis par la justice, avait pour but la commercialisation des animaux et "n’était pas agréé", indique Animaux en péril. "Il agissait dans l’illégalité au vu de la législation". Les animaux ont fait l’objet d’une saisie administrative pour élevage illégal. Un dossier existe au parquet de Namur et un PV a été dressé par la police pour infraction au Code wallon du bien-être animal. Le propriétaire pourra être poursuivi au pénal ou administrativement. Si le parquet poursuit, le propriétaire pourrait se retrouver devant le tribunal correctionnel. Il risque 10 à 15 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu’à 1 million€. Si le parquet ne poursuit pas, le dossier sera confié au fonctionnaire sanctionnateur qui pourrait infliger une amende allant jusqu’à 100 000€ et signifier un retrait de permis de détention d’animaux.

Les associations mettent en garde: "N’achetez pas d’animaux et privilégiez les adoptions en refuge. Acheter un lapin en animalerie ou sur un marché revient à cautionner ces élevages de masse qui abusent d’êtres vivants", s’avancent-ils même. L’éleveur a manifestement recouru à différents croisements pour obtenir des couleurs originales, ce qui fragilise la santé de nombreux lapins, indique encore Animaux en péril. Les soigneurs professionnels ont ainsi observé "des lapins aux malocclusions dentaires graves, des animaux amaigris et faibles. Ces pathologies sont typiques des élevages de lapins de compagnie". "Au-delà d’une peluche adorable se trouve une mère exploitée dans des conditions immondes", assènent encore les associations. B.W.

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