Quand la science nourrit l'art

Didier Mahieu à l'abbaye de Gembloux, ce n'est pas juste l'histoire d'un artiste qui dépose ses créations dans un lieu d'accueil prestigieux. Toute l'originalité de cette exposition réside dans la volonté d'interaction entre l'artiste et les scientifiques qui l'entourent.

Pendant une année, Didier Mahieu s'est inspiré du lieu et de son histoire, de ses discussions avec les enseignants et les étudiants, des idées brassées à la faculté de Gembloux. « J'ai assisté à des cours de microbiologie, je me suis intéressé à la technologie du goût, explique Didier Mahieu. J'ai eu pas mal d'échange avec les gens de la fac. D'abord interloqués par la présence d'un artiste sur le campus, ils sont ensuite venus vers moi. Chaque fois, cela m'a fait rebondir dans ma démarche de création. » Retour de balancier Sur ce fertile terreau intellectuel, l'artiste a fait germer ses oeuvres. « Les réalisations de Didier Mahieu sont donc en lien avec les enjeux et les questions de sociétés qui sous-tendent nos activités d'enseignement et de recherche, note Eric Haubruge. Elles nous parlent des changements climatiques, de la désertification, de l'alimentation, de la biodiversité... L'exposition distillera en somme deux messages, l'un artistique, l'autre scientifique. » Dans un second temps, les scientifiques et la population estudiantine de Gembloux seront confrontés aux oeuvres qu'ils ont contribué à faire naître, dans un mouvement de balancier entre la raison et l'imaginaire, la preuve et la poésie, le fait et le rêve.A.Deb.