Boucle du Hainaut: le projet d’Elia validé par la contre-expertise canadienne

Le ministre Willy Borsus a fait part des premières conclusions de l’étude commanditée par son ministère.

Ugo Petropoulos

La Boucle du Hainaut s’est à nouveau invitée à l’agenda du parlement wallon ce récent mardi. Les parlementaires trépignent de savoir ce que contient l’étude commanditée par le ministre Borsus auprès de l’experte canadienne Ménélika Bekolo Mekomba, à laquelle il a été confié la mission de contre-expertiser le projet d’Elia et d’analyser de potentielles alternatives possibles pouvant remplir les missions de la Boucle du Hainaut.

Une autre actualité agitait les parlementaires : celle du groupe Revolht, association de citoyens opposés au projet d’Elia tel qu’il est présenté, qui a formulé une contre-proposition d’usage du courant continu en point à point pour acheminer l’électricité off-shore.

Si le "rapport Bekolo" n'est pas encore prêt à être diffusé, "je peux dès à présent vous faire part d'un certain nombre de conclusions synthétiques" a néanmoins annoncé le ministre.

Et ces conclusions rejoignent l’étude faites par Jin Daï et les choix défendus par Elia, à savoir que "l’ajout d’une liaison parallèle à la liaison Mercator 380 kV est nécessaire", que cette liaison entre Avelgem et Courcelles est indispensable pour mettre à disposition du marché européen de l’électricité des éoliennes offshore, permettant notamment une baisse des prix.

Concernant le choix technologique pour la nouvelle liaison, aérienne en courant alternatif, "Mme Bekolo estime non envisageable l’enfouissement complet en courant alternatif." Une liaison en courant continu aérienne ou souterraine "serait réalisable toutefois selon elle à exclure compte tenu d’éléments scientifiques et de coûts."

Dès lors, suivant Mme Bekolo, deux choix sont envisageables : une liaison aérienne en courant alternatif ou la liaison aéro-souterraine en courant alternatif suivant certaines limites relatives à l’enfouissement, soit pas plus de 8 km de liaisons enterrées. "Cette solution est plus complexe en termes de technique, de fiabilité et économiquement plus coûteuse, mais diminue impact de la ligne sur le territoire concerné."

Affaire pliée dès lors? Non. Le ministre entend bien mener un nouveau round d’échanges, avec l’experte canadienne, mais aussi avec Revolht.,.

Concernant la proposition de Revolht, le ministre indique en avoir pris, "Avant de considérer la contreproposition de Revolht, il convient d’avoir l’assurance qu’elle peut constituer une alternative crédible, et qu’elle réponde aux objectifs assignés à la Boucle du Hainaut. " À savoir : acheminer l’électricité offshore vers le centre du pays, augmenter la capacité d’accueil pour toutes les énergies renouvelables, assurer l’accès compétitif à l’électricité ou encore fiabiliser l’approvisionnement électrique en Hainaut.

"Soyez assurés qu’avant de prendre quelque orientation que ce soit, je veillerai à m’approprier complètement ensemble des études et dialogues complémentaires et de veiller que, dans ce dossier, l’élément impact par rapport aux communes, aux citoyens, à l’environnement, aux activités, soit pris en compte", a conclu Willy Borsus.