Une semaine après les élections, où en est-on dans les communes de la région du Centre?

Si certaines une coalition a été trouvée dans plusieurs communes, d’autres se cherchent toujours.

Ugo Petropoulos
Une semaine après les élections, où en est-on dans les communes de la région du Centre?
À Estinnes, les négociations se poursuivent pour trouver un accord de majorité ©BELGA

La politique communale est loin d’être un long fleuve tranquille. Surtout la semaine suivant les élections où le jeu des alliances fait des heureux et des déçus. Et pour ces derniers, la pilule est assez compliquée à avaler. État des lieux.

Seneffe: le partenaire trahi

Jeudi dernier, la bourgmestre sortante de Seneffe Bénédicte Poll tendait la main à Écolo, auteur d’une progression de près de 10% entre 2012 et 2018, pour former une majorité. Une proposition acceptée à l’unanimité vendredi par la locale Écolo, qui monterait dans le Collège communal avec un échevin.

+ La liste de la Bourgmestre invite Écolo à rejoindre la coalition

Et qui par conséquent éjecte AC +, liste de gauche dissidente du PS menée par Ga¨ëtan de Laever, et qui a participé pendant 6 ans à la gestion communale.

Pour la tête de liste AC +, ce geste ne passe pas, d’autant plus qu’un accord préélectoral avait été signé entre la Liste de la Bourgmestre et AC + en mai dernier, révélait ce week-end Gaëtan de Laever à nos confrères de la Nouvelle Gazette.

Un accord qui prévoyait d’ouvrir éventuellement la majorité à un partenaire supplémentaire si le résultat des urnes le justifiait, mais pas de changer de partenaire.

Ga¨ëtan de Laever parle de «trahison» de la part de la bourgmestre et a décidé d’arrêter la politique, dans laquelle il fut actif durant 30 ans.

Estinnes: les négociations commencent mal

À Estinnes, la bourgmestre sortante Aurore Tourneur a entamé les négociations avec GP (Génération Pluraliste, plutôt à gauche), vainqueur des élections puisque seule liste à avoir progressé, passant de 5 à 7 sièges.

Et ça semble plutôt mal embarqué, tant la liste EMC (Ensemble pour une Majorité Communale – Liste de la bourgmestre) et GP ne sont pas sur la même longueur d’ondes.

La pierre d’achoppement repose sur le nombre d’échevins: GP en veut deux, EMC n’est disposé à n’en lâcher qu’un seul. Mathématiquement, EMC n’a pas besoin de partenaire pour gouverner, ayant la majorité absolue.

Mais son avance n’est que d’un siège. Aurore Tourneur se tournera sans doute vers son partenaire de majorité actuel, à savoir le MR.

Braine-le-Comte: le mariage est signé

Pas de surprise à Braine-le-Comte où au lendemain des élections les partenaires sortants MR et PS indiquaient leur volonté de poursuivre l’aventure ensemble. Le PS avait déjà avalisé le pacte de majorité, restait au MR brainois (dont la liste est baptisée BRAINE) à en faire de même.

C’est chose faite depuis ce week-end, après un vote unanime en assemblée générale.

Maxime Daye sera donc à nouveau bourgmestre. Les échevins de la liste BRAINE seront Léandre Huart (1er échevin), Ludivine Papieux et André-Paul Coppens. Bénédicte Thibaut sera présidente du CPAS.

Les représentants socialistes au Collège communal seront Olivier Fiévez et Angélique Maucq.

Ecaussinnes: la guerre se poursuit dans la cité de l’Amour

Ce samedi, 200 personnes environ ont manifesté à Ecaussinnes pour soutenir Sébastien Deschamps et la liste Ensemble, une nouvelle fois dindon de la farce des élections. Arrivé en tête, Ensemble ne gouvernera pas puisque les autres partis ont décidé de repartir en coalition.

L’action de ce samedi ne devrait pas être la dernière: d’autres rassemblements pourraient être organisés, on parle même de la création d’une pétition… Bref, le temps reste à la révolte à Ecaussinnes.

Écolo, particulièrement critiqué pour avoir privilégié la reconduction de la tripartite actuelle plutôt qu’une alliance avec Ensemble, est sorti du bois vendredi dans un long communiqué, où il assume complètement son choix.

«Travailler ensemble demande de la confiance. La confiance, au sortir des négociations menées avec Ensemble après le scrutin, et compte tenu de l'expérience de nos élus depuis trois mandatures, nous ne l'avons pas trouvée», écrivent les verts écaussinnois.

Ensemble, partenaire impossible?

Sébastien Deschamps en prend pour son grade, limite accusé de chantage aux subsides. Écolo pointe aussi l'incapacité de l'homme à fédérer une équipe autour d'un projet: «On ne compte plus les défections dans son groupe, ces dernières années; la composition "novatrice" de sa liste 2018 en témoigne.»

Sa gestion de la commune reste de triste mémoire: «entre 2006 et 2012, le bilan de Sébastien Deschamps et de sa majorité a été très mauvais, les finances communales ont été mises à mal, peu de projets ont abouti, de nombreux scandales éclataient régulièrement […].»

La récupération politique passe assez mal également: «Dans l'opposition depuis 2012, Sébastien Deschamps s'est régulièrement attribué le résultat du travail des autres et entretient la légende qu'il peut intervenir pour résoudre les problèmes des citoyens alors que ce sont les échevins en charge et l'Administration communale qui traitent tous les dossiers.»

Enfin, Écolo tacle une politique qui pourrait être taxée de clientéliste à en lire le paragraphe suivant: «Faire de la politique […], c'est avoir le souci de l'intérêt général. Sébastien Deschamps a le contact facile, il a une bonne communication de campagne, il semble proche des citoyens et à l'écoute des demandes individuelles. Mais ce n'est pas ça, l'intérêt général. C'est même parfois le contraire, parce que «s'occuper» des demandes particulières […], c'est sympathique, mais c'est souvent s'asseoir sur le principe de l'égalité de traitement des citoyens.»

+ Le communiqué à lire en intégralité sur la page Facebook d’Écolo Ecaussinnes.

Soignies: pacte de majorité rompu après une semaine

Internet n’oublie rien. C’est encore plus vrai sur les réseaux sociaux où une publication antédiluvienne peut vous revenir en pleine figure, tel un boomerang. C’est ce qui est arrivé à Guy Flament, échevin MR sortant à Soignies et à son fils Stève Flament, qui devait devenir échevin dans la future majorité PS-MR.

Vendredi, on apprenait dans la presse que les deux élus avaient partagé il y a plusieurs mois des publications à caractère raciste émanant de pages sulfureuses sur leur profil Facebook. Après ces révélations, Les Flament père et fils démissionnent après avoir été convoqués par leur parti, non sans annoncer qu’ils portent plainte contre une personne de leur propre parti qui ferait preuve de «harcèlement» à leur égard…

Mais l’affaire ne s’arrête pas là puisque Marc Verslype, tête de liste, est également pointé du doigt pour une publication sur son profil, liée à l’avocat français Gilbert Collard, membre du FN. Marc Verslype affirme ne pas être courant, déléguant à la gestion de sa page Facebook à un gestionnaire de réseau qui a plaidé l’erreur de manipulation.

L’affaire en restera-t-elle là? La bourgmestre Fabienne Winckel a pris acte de la démission de l’échevin sortant et de l’échevin entrant, saluant un geste fort et qui ne remet pas en cause l’accord de majorité, qui devra néanmoins être réécrit pour remplacer l’échevin démissionnaire.

Du côté de la liste Ensemble (cdH), à nouveau reversée dans l'opposition, on s'insurge et on interpelle les élus PS: «le PS continuera-t-il à faire confiance au MR local qui reste sous influence de personnes propageant des opinions clairement racistes?» interroge le groupe d'opposition.

Selon qui «toutes les personnes qui publient ou cautionnent des messages racistes ou se font conseillers par de personnes relayant de telles idées n'ont pas leur place au sein du Collège communal.»