Projet de champ photovoltaïque flottant de 12 ha à Tertre: déjà une pétition

Après les champs photovoltaïques terrestres, une demande de permis pour un projet sur l’eau à Tertre vient d’être déposée. Des riverains s’y opposent déjà.

Ugo Petropoulos
Projet de champ photovoltaïque flottant de 12 ha à Tertre: déjà une pétition
Un champ photovoltaïque flottant recouvrira-t-il le lac de Tertre, comme ici à Geer? ©Eda

Dans la région de Mons-Borinage, les demandes de permis d’installation de champs photovoltaïques sont légion: Saint-Denis/Obourg, Nimy, Les Sartis à Hensies… Dernière demande en date: celle introduite par la SCRL Tertre Innovation Solaire (TISOL).

Celle-ci est particulière, dans la mesure où elle concerne un projet d’installation de 32 720 panneaux installés sur… flotteurs. Le périmètre désigné est un plan d’eau artificiel né de l’activité d’une sablière qui a cessé son exploitation en 2006. Si des champs photovoltaïques flottants existent déjà en Wallonie, celui-ci, s’il voit le jour, serait le plus grand.

Pour implanter ses 32 720 panneaux, le promoteur utiliserait 12 des 15 ha du site. La production annuelle atteindrait les 16 GW/h, équivalent à la consommation d’environ 4400 foyers, soit 56% de celle des ménages saint-ghislainois.

Crainte de nuisances

Mais tous n'accueillent pas le projet à bras ouverts. En témoigne une pétition mise en ligne jeudi et qui a récolté 134 signatures à l'heure d'écrire ses lignes.

Selon l’autrice de cette pétition, «ce projet engendrera: la destruction de la faune, des nuisances sonores, un champ magnétique dont l’impact sur la santé pose question, une nuisance visuelle pour les riverains, une dévaluation de l’immobilier pour les voisins directs du lac.»

Des arguments auxquels répond le promoteur. Pour Pierre Mat, administrateur délégué de TISOL, l'absence de conflits d'usage est le premier avantage du projet, ce qui n'est pas le cas d'autres imaginés sur des terrains agricoles, industriels, à bâtir, ou à l'état naturel. Ce sont d'ailleurs ces conflits qui ont récemment conduit la Ville de Mons à remettre des avis défavorables pour les projets de Nimyet Saint-Denis.

Pour le montage, il ne faut pas craindre de nuisance. «Le chantier se fera petit à petit, les panneaux seront montés au fur et à mesure, sans stockage», précisait l’administrateur délégué à nos confrères de Télé MB.

Intérêt biologique limité

Pour les nuisances visuelles, elles n’existeraient pas: «le site est assez protégé par toute une série de végétations, sans accès direct. Il n’y a pas un enjeu paysager majeur, d’autant que les panneaux ne seront pas sur une structure verticale, ils dépasseront de 20 à 30 cm la hauteur du plan d’eau.»

Quand aux nuisances acoustiques, «tous les appareils et onduleurs seront regroupés dans un bâtiment insonorisé.»

Enfin, concernant la faune, «nous sommes sur un plan d’eau artificiel qui n’a pas une richesse biologique importante et où il y a très peu d’espèces locales.»

Une mesure sera prise «pour augmenter la biodiversité, par l’implantation de murs qui permettront la nidification d’hirondelles de rivage, identifiée comme étant présente en faible quantité, mais grâce à cette mesure d’accompagnement, nous augmenterons la fréquence et le nombre de spécimens sur place.»