Les derniers mois des AMP

AMP (agence et messageries de la presse) abandonnera d'ici quelques mois son implantation de Tournai-Marquain.

Géry Eykerman

AMP est présent à Tournai depuis des décennies. Jadis implanté en centre-ville, le dépôt des messageries de la presse est basé actuellement à l'entrée du zoning de Marquain (Tournai-Ouest 1). S'il alimente en magazines, journaux et divers autres articles le plus gros de la Wallonie picarde, ce dépôt reste un petit poucet à l'échelle des AMP. On y compte quatre personnes alors que la société affiche plus de huit cents travailleurs répartis aux quatre coins du pays.

Cap sur Saint-Ghislain

Dans son plan de réorganisation, AMP a décidé de grouper les activités de ces centres de Tournai et Mons à Saint-Ghislain. Le bâtiment n'est pas encore sorti de terre, mais chez AMP on est convaincu qu'il sera érigé sous peu et opérationnel dès mars 2011. Et AMP insiste : cela se fera sans pertes d'emplois.

Pour autant, ça n'amuse pas du tout nombre de libraires du Tournaisis qui s'approvisionnent chaque matin à Marquain. « Ça nous fera des frais de livraison supplémentaires (200 ?) chaque mois » explique Laurent, libraire à Kain Tombe. Même tonalité chez Frédéric (Orcq) « Il va aussi falloir installer une énorme boîte extérieure pour accueillir la dizaine de caisses qui arrivent les gros jours » En espérant surtout que la livraison ne soit pas « tardive ». Comprenez cinq heures du matin...

La course quotidienne

C'est que les libraires situés sur des axes de passage, ouvrent très tôt. Et parmi eux, une part non négligeable assure aussi la tournée des quotidiens chez leurs clients.

S'ils l'assument eux/elles-mêmes, un retard décale leur journée et c'est l'heure d'ouverture de la librairie qui en pâtit : donc ce sont des ventes ratées. S'ils la sous-traitent, il faut encore que la personne retenue soit disponible plus tard en matinée.

Les kilomètres et le stress

Le problème est accru pour les indépendants qui n'ont pas de librairie et ne font « que » de la tournée. Ainsi Liliane et Roland (500 boîtes à desservir) avaient l'habitude que tout soit en ordre pour 3h15. Et bien sûr, ils s'inquiétaient déjà de ce que donnerait Saint-Ghislain.

Or, depuis quinze jours, suite à de nouvelles façons de procéder qui ont été imposées aux quelques travailleurs de Marquain :« C'est la catastrophe. L'autre jour à 5 h, on n'avait toujours pas pu démarrer. On doit retourner plusieurs fois pour prendre livraison. Ça fait beaucoup de kilomètres en plus, du temps perdu et parfois des clients qu'on ne parvient plus à servir avant qu'eux-mêmes ne partent au boulot. »

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