La Noël de la famille Dewulf tombe à l'eau

Fête au goût amer pour la famille Dewulf de la rue du Nord, à Tournai. La maison est inondée et privée d'électricité le jour de Noël.

Vincent Dubois

Comme beaucoup d'autres familles tournaisiennes, les Dewulf comptent bien pouvoir rester au lit un peu plus longtemps qu'à l'accoutumée le matin de Noël. Madame, qui s'est couchée 5 h plus tôt, est sortie de son sommeil un peu avant 7 h, réveillée par un bruit qu'elle attribue à une forte averse. Lorsqu'elle veut allumer pour descendre voir ce qui se passe, la lumière refuse de briller. De plus, il fait froid dans la maison, manifestement, le chauffage est en panne. Réveillé à son tour par ce remue-ménage, Claude Dewulf saisit une lampe de poche pour aller inspecter la cave d'où provient le bruit mystérieux. Là, c'est l'horreur. Il descend quelques marches mais il est stoppé net par de l'eau dont la hauteur atteint déjà près de 2 m.

Alertés, les pompiers de Tournai arrivent rapidement sur les lieux et mettent une pompe en action. Mais ils ont beau évacuer l'eau, la cave se remplit aussitôt. L'électricité est coupée car les câblages situés dans le sous-sol sont également complètement inondés. Il faut se rendre à l'évidence. L'eau ne vient pas d'une fuite située dans la maison elle-même mais bien d'une canalisation qui s'est rompue juste avant le compteur. Le service incendie tente alors de faire appel au service de garde de la compagnie des eaux (SWDE). Six coups de téléphone infructueux - le «centrale» (dont le numéro unique est le 087/87 87 87) ne répond pas - jusqu'à ce qu'un pompier puisse par hasard toucher un pensionné de la compagnie qui promet de faire tout ce qu'il peut pour résoudre le problème. On apprendra plus tard que, par malchance, le «centrale» téléphonique de la SWDE a «justement» connu des problèmes ce jour de Noël. Pas de chance. Vers 10 h, les techniciens, venus de Saint-Ghislain, peuvent enfin réparer la fuite. En attendant, la fête est à l'eau pour les Dewulf. D'autant plus qu'ils sont toujours sans électricité et sans chauffage. Il y a dans la maison un bébé qu'il faut reloger dans la famille et une dame de 89 ans qui se déplace avec difficultés. Le congélateur vomit déjà la bûche qui aurait dû couronner le repas familial. Sur conseil d'une assistante sociale du CPAS qui est passée sur les lieux en fin de matinée, la famille s'est rendue chez des amis pour trouver chaleur et réconfort. Dès aujourd'hui, ce sont les hommes de métier les assurances qui vont entrer en lice pour faire oublier ce bien triste Noël.