Saint-Ghislain: le cdH dénonce un faux en écriture au CPAS

Les deux conseillers cdH du CPAS de Saint-Ghislain ont annoncé vendredi qu'ils se constitueront parties civiles contre ce qu'ils considèrent comme un faux en écriture, à savoir la requalification du licenciement d'un employé de l'action sociale. L'affaire mettrait en cause le bourgmestre Daniel Olivier et le président du CPAS, Didier Masurelle, tous deux socialistes.

Didier Masurelle aurait avoué par écrit avoir, à la demande du bourgmestre, modifié le C4 d'un agent licencié en juin dernier. La lettre de licenciement, votée en mai et adressée à l'intéressé le 18 juin, faisait mention d'une faute dans l'exercice de ses fonctions. Les conseillers cdH ont pourtant découvert en septembre que la motivation finale avait été requalifiée, à leur insu, en "restructuration", affirment-t-ils.

"Il va sans dire que cette modification n'avait pour but que d'épargner au "camarade" les conséquences de ses fautes quant à ses allocations de chômage", en déduit le conseiller communal Luc Drousie, chef de groupe cdH, qui dénonce l'immixtion du bourgmestre dans les "décisions souveraines du conseil de l'action sociale".

Daniel Olivier reconnaît les faits, mais nie toute illégalité. "L'ouvrier formateur en question a été licencié pour attitude inadaptée sur son lieu de travail. Le conseil de l'action sociale du 23 mai a toutefois rejeté la motivation de faute grave. Il aurait donc de toute manière conservé son droit au chômage", affirme le bourgmestre.

"Si j'ai demandé une modification du C4, c'est parce que l'ambiguïté de la première motivation n'a pas satisfait la caisse d'allocations sociales. Était-ce une faute grave ou non ? J'ai donc proposé une solution qui ne trahissait en rien la décision du conseil. Et qui n'est pas fausse. Cette affaire, où il était question de blagues à caractère sexuel, a bien conduit le CPAS à ne plus confier la formation de jeunes fragilisés à un ouvrier, mais plutôt à un éducateur social. La version définitive du C4, adoptée en septembre, indique d'ailleurs: réorganisation et inaptitude du formateur à diriger une équipe de jeunes fragilisés", conclut Daniel Olivier.

À propos des accusations d'ingérence dans les décisions du conseil de l'Action sociale, le bourgmestre rétorque qu'en tant que président du collège, il est "la première autorité de tutelle du CPAS. C'est donc plus qu'un devoir, mais une obligation pour moi de vérifier la légalité des décisions qui s'y prennent".