A Quiévrain, les transports publics passeront-ils la frontière à la rentrée?

Les bus valenciennois du réseau Transvilles doivent prolonger leur parcours jusque Quiévrain et Pérulwez. Ils transporteront surtout des étudiants français attirés par les écoles belges.

Ugo Petropoulos
A Quiévrain, les transports publics passeront-ils la frontière à la rentrée?
Quiévrain ©Ugo PETROPOULOS

Si en voiture les frontières se sont progressivement effacées avec la suppression des postes de douane, elles sont devenues synonymes de terminus pour ceux qui utilisent les transports en commun, les liaisons transfrontalières en train ou en bus disparaissant au fil du temps.

Mais à Quiévrain et Péruwelz, les bus devraient à nouveau traverser la frontière, comme le relayaient nos confrères de Sud Radio il y a quelques jours. Le réseau de bus Transvilles, qui couvre le Valenciennois, va prolonger deux de ces lignes: la ligne 5Valenciennes-Quiévrechain, qui poussera jusqu'à la gare de Quiévrain, et la ligne 14 Valenciennes-Condé qui ira jusque Péruwelz-Gare. Ces extensions doivent entrer en vigueur le 4 septembre.

Ce qui pousse le réseau de bus valenciennois à proposer ces deux nouvelles liaisons?Les nombreux étudiants français qui suivent un cursus dans les écoles belges frontalières. Ce sera le public principal visé par cette offre, qui permettra aussi de connecter lesFrançais à l'arrêt SNCB terminus de Quiévrain, qui propose une connection vers Bruxelles. Côté belge, on pourrait en profiter pour relier la gare de Valenciennes et ses liaisons TGV vers Paris.

Plusieurs réunions ont été nécessaires pour définir les modalités financières et logistiques...Et il semble que le processus ne soit pas encore tout à fait terminé. "Un accord de principe a été donné oralement par TEC Hainaut il y a plusieurs mois. (...) La société française a normalement dû contacter le SPW, qui donnera son autorisation et qui prendra officiellement contact avec TEC Hainaut. Pour l'heure, nous n'avons pas encore eu de demande officielle", indiquait le TEC-Hainaut à nos confrères de la DH. Qui précise toutefois que la société wallonne de transports ne s'opposera pas au projet, "puisqu'il s'agit d'une bonne initiative."

A Quiévrain, les transports publics passeront-ils la frontière à la rentrée?

Eclaircie sur la ligne ferroviaire?

On en parle depuis des années, mais de manière plus intensive depuis février dernier: des entreprises frontalières et des politiques font du lobbying pour obtenir une réouverture de la ligne ferroviaire 97, qui assurait la liaison entre Mons et Valenciennes jusque 1992 pour le transport de marchandises avant son démantèlement entre Valenciennes et Quiévrain. Côté français, on semblait avoir pris la mesure de l'intérêt de rétablir la liaison. Un budget était dégagé pour remettre en état la ligne jusqu'à la frontière.

Mais côté belge, aucun signal positif ne se faisait entendre pour les 1.600 mètresqu'il serait nécessaire de réhabiliter. Jusqu'à il y a deux semaines environ."Le Ministre Bellot m'a donné, pour la première fois, une réponse qui pourrait laisser espérer une issue positive", indiquait le député-bourgmestre de Hensies Eric Thiébaut (PS) à l'agence Belga.

"Il a déclaré qu'il était favorable au financement du projet par le fédéral à raison de 25% dans le cadre de l'enveloppe Région Wallonne dégagée dans le cadre du milliard vertueux, à l'instar de ce qui se fait pour un autre projet transfrontalier similaire."

"La remise en service de cette ligne à voie unique et traction diesel entre Mons et Valenciennes concerne 1.600 mètres de voie côté belge, soit un budget de 2,3 millions d'euros", indiquait-on du côté de l'IDEA. "Cette réouverture améliorerait considérablement le transport du fret pour les entreprises françaises, celles du Coeur du Hainaut et même du Port d'Anvers qui soutient cette réouverture."

Pour trouver les 75% restants et nécessaires pour la réouverture de la ligne, l'IDEA compte se tourner versla Région Wallonne et le secteur privé.

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