PTB-Go, l’outsider en Hainaut

Face aux quatre partis traditionnels, le Hainaut aura le choix: 19 listes! Parmi elles, le PTB-Go semble chargé à balles de guerre pour sa révolution.

Patrick Lemaire
PTB-Go, l’outsider en Hainaut
Marco Van Hees ©EdA

Parmi les «petits», il est désormais un «plus grand»: le PTB-Go. On se doute qu’à Liège, l’obtention d’élus ne devrait pas être trop ardue, depuis le succès des communales. Mais le Hainaut, traditionnellement socialiste, pourrait aussi, en toute logique, céder à l’irrésistible ascension du parti marxiste.

En tout cas, le parti a chargé sa liste. Marco Van Hees la mène et représente déjà à lui seul un atout, populaire dans le milieu syndicaliste. Mais derrière lui, Sofie Merckx, conseillère communale à Charleroi, est une concurrente tout aussi sérieuse, dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, notamment pour son combat contre l'INAMI, en tant que médecin. Le troisième effectif, Christian Viroux, a pu se faire un nom dans le milieu syndicaliste verrier. Du beau monde dans le milieu gauchiste! Un élu, facile à obtenir, donc? «Je dis toujours qu'il ne faut pas vendre la peau du panda avant de l'avoir acheté aux Chinois, ironise Marco Van Hees. Mais c'est à notre portée. Notre ambition est claire en effet: envoyer un parlementaire à Bruxelles.»

Pour y faire la révolution, comme on le prône à l'extrême-gauche? «Nous n'avons en tout cas pas la même conception du travail parlementaire que les partis traditionnels. Nous nous basons sur l'histoire du pays: les grands acquis sont venus des luttes. Nous serons donc le relais des luttes, au Parlement.»

Difficile, cependant, de conserver ce contact avec la base lorsque l'on siège dans l'hémicycle… «Dans les conseils communaux, on siège selon ce principe de " rue-conseil-rue ". On part des luttes, de la base, et on revient au conseil avec des propositions. Puis on retourne auprès de la base». Pour garder les pieds sur terre, le parti a de toute façon une recette de base: «Les parlementaires élus ne percevront qu'un salaire équivalent à celui d'un ouvrier. Cela peut paraître populiste mais notre argument est que quand on ne vit pas comme on pense, on pense comme on vit. Il est facile de décider du blocage des salaires lorsque l'on gagne entre 4000 à 5000 euros.»

S'il est donc élu, que compte-t-il défendre à Bruxelles? «Un système d'emplois-relais: prépensionner à 56 ou 58 ans en échange d'un emploi jeune, cite-t-il en premier lieu. Nous devons légiférer sur les salaires pour éviter la pression actuelle à la baisse. Enfin, nous devons lutter contre la pauvreté en relevant toutes les allocations sociales. Il n'est pas normal de maintenir des gens sous le seuil de pauvreté.»

Bien beau, mais comment financer cela? Le PTB-GO veut faire appel à Robin des Bois: «Nous avons trois propositions: une réforme de l'IPP pour une meilleure répartition, la suppression des niches fiscales qui profitent aux multinationales et la taxe des millionnaires. Dès que le patrimoine dépasse le million et demi, maison familiale comprise. Cela rapporterait 8 milliards. Avec cela, on augmenterait le premier pilier des pensions et les moyens pour l'enseignement. On créerait des emplois publics.»

La recette semble simple. Simpliste même? Aux électeurs d’en juger ce 25 mai.