Drame à Morlanwelz: au moins six cas similaires ces dernières années

L'enfant qui est mort écrasé vendredi par une armoire dans une école de Morlanwelz n'est pas le seul à avoir perdu la vie à la suite de la chute d'un objet lourd - une porte, une armoire, un goal ou un frigo - alors qu'il se trouvait sur un espace privé, communal ou scolaire. On relève au moins six cas similaires au cours de ces dix dernières années.

En juin 2000, un enfant de 4 ans était mort écrasé sous la porte en verre de son école au Sint-Andreasinstituut d'Ostende. La porte, qui pesait près de 80 kilos, s'était délogée alors que la victime tentait de l'ouvrir à la sortie des classes.

Un enfant de 10 ans, Florent, était décédé en juin 2002 après avoir reçu sur lui la barre transversale d'un goal de football sur une plaine de jeux communale à Genappe. Le goal, qui n'était pas attaché au sol, avait basculé sur l'enfant alors que celui-ci s'y était accroché. L'engin avait été installé quelques jours auparavant, à l'occasion d'une festivité interscolaire.

Deux membres du personnel communal ont été reconnus coupables cinq ans plus tard, par le tribunal de Nivelles, d'un défaut de prévoyance ou de précaution. Vu l'ancienneté des faits, une simple déclaration de culpabilité avait été prononcée.

Le tribunal avait retenu un manquement à l'égard du responsable du service Travaux, qui n'avait pas donné de directive pour faire enlever le goal après l'événement ou veillé à ce que l'engin soit fixé. Le chef d'équipe au service Voiries aurait dû également, selon le tribunal, veiller à l'enlèvement du goal.

En juin 2002 toujours, un garçon de 5 ans avait été écrasé par une armoire à l'école maternelle "Boekenmolen" de Zwijnaarde, près de Gand. Il décédera de ses blessures à l'hôpital.

Un enfant de 2 ans, Maxime, avait été heurté à la tête par le montant transversal d'un goal, provoquant un traumatisme cranio-cérébral fatal, en septembre 2002 à l'athénée de Manhay. Quatre mois après l'accident, le procureur du Roi de Marche-en-Famenne avait classé sans suite l'enquête judiciaire ouverte à la suite de ce décès.

Une adolescente de 13 ans, Charlotte, avait subi le même sort en juillet 2006 à Hennuyères (Braine-le-Comte). Elle était elle aussi décédée à la suite de la chute d'un portique de football auquel elle s'était suspendue, sur une plaine de jeu communale. Là non plus, le goal n'était pas fixé au sol.

En janvier dernier, l'ancien échevin des Sports de Braine-le-Comte, Marc Hublau, a été condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Mons pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution. L'ancien bourgmestre, Daniel Renard, a lui bénéficié d'une suspension du prononcé. Les deux éducateurs, Olivier et Sarah, qui encadraient les enfants, ainsi que l'asbl RFC Ronquières, propriétaire des goals, ont pour leur part été acquittés.

Un autre garçon, Ewan, âgé lui de 3 ans, était mort à la même époque après avoir été écrasé par un frigo américain, dans un magasin Media Markt à Gosselies. Les experts ont établi que le frigo de 160 kilos était posé en porte à faux sur une palette de bois trop courte de 10 cm par rapport à la profondeur de l'appareil électroménager. Le frigo était muni d'une télé que l'enfant regardait au moment des faits.

L'instruction a mis en évidence plusieurs responsabilités qui seront débattues au tribunal. Des clients du magasin avaient notamment affirmé avoir prévenu le personnel du danger potentiel. Un manque de précaution serait donc à l'origine du drame.

Les mesures de sécurité en vigueur dans les magasins relèvent de la législation générale, mais également de la gestion en bon père de famille, avait indiqué à l'époque la Fédération des entreprises de distribution (Fedis).

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