Le festival montois Trolls&Légendes augmente ses prix : conséquences de la crise du secteur événementiel

Les artistes sont plus chers, le coût de l’énergie explose, la main-d’œuvre technique manque.

Emeline Berlier
Mons, Trolls & Légendes
Le festival Trolls & Légendes n'échappe pas aux difficultés du secteur événementiel. ©Alain Heymans

Le voile se lève doucement sur la programmation du Trolls&Légendes. L’événement dédié aux mondes imaginaires de la Fantasy sera organisé à Mons les 7,8 et 9 avril prochain et réservera son lot de surprises. Les organisateurs entendent en effet mettre les petits plats dans les grands à l’occasion du dixième anniversaire du festival. Pour certains fans, cependant, les choses ont plutôt mal débuté. Alors que les tickets d’entrée venaient d’être mis en vente, certains se sont étonnés de leur prix, à la hausse en comparaison avec les années précédentes.

Face à la récurrence de certaines remarques, l’organisation a tenu a apporté quelques explications. “Nous sommes attristés que celui puisse aller jusqu’au dénigrement, alors que le festival nous tient à cœur, bien au-delà de l’aspect pécuniaire”, a-t-elle écrit sur la page Facebook de l’événement. Contactée par nos soins, elle nous explique ne simplement pas avoir eu le choix, le secteur culturel et événementiel étant toujours durement touché par les crises successives.

Des augmentations de près de 40%

“On a traversé la crise sanitaire et aujourd’hui, comme tout le monde, on fait face à l’augmentation du coût de l’énergie”, confie Pascal Leroy, coordinateur du festival. “Mais ce n’est pas la seule explication. Il faut ajouter à cela l’inflation de 2022, en sachant que nos tarifs n’en avaient pas tenu compte l’an dernier, des cachets d’artistes plus important qu’auparavant ou encore la pénurie de main-d’œuvre technique. Beaucoup se sont reconvertis pendant la crise. Elle est plus rare, et donc plus chère. C’est la loi du marché. ”

Conséquence, certains postent augmentent de près de 40 %. Impossible, pour l’asbl à la tête du festival, de ne pas répercuter cela sur le festival, au moins dans une certaine mesure. “En tant qu’organisateurs, soyons très clairs : on ne se met rien dans la poche ! Et on ne répercute pas la totalité des augmentations sur les festivaliers car ce serait incompréhensible pour eux. On tente au maximum de les absorber, on gratte où on peut et on espère que ça se calmera dans les années à venir.”

Diverses formules sont notamment proposées au public afin de coller au plus près des attentes. “On ne peut pas faire de miracle mais on a mis en vente de nouveaux billets pour scinder les expériences, par exemple pour deux jours de festival au lieu d’un jour ou trois jours. Ça nous complique un peu la vie mais ça permet un choix plus “à la carte” tout en réduisant les coûts puisque certaines formules reviennent ainsi moins chères.”

Des dédicaces gratuites auprès des acteurs de cinéma

Et Pascal Leroy de préciser : “on s’est refusé à toucher à certains postes. Le parking reste gratuit, les toilettes aussi. Les enfants de moins de 12 ans entrent gratuitement. On a conscience que pour les familles, une telle sortie représente un budget conséquent. On fait aussi des efforts au sein même du festival. Les pourparlers sont toujours en cours mais on tente de supprimer les dédicaces payantes pour les acteurs afin que ce ne soit pas un coût supplémentaire une fois l’entrée payée. ”

Jusqu’ici organisé tous les deux ans, le festival sera désormais organisé chaque année. “Ces augmentations ne nous freinent pas dans notre volonté. Mais il faudra que le public nous suive et réponde présent. ” Les annonces vont désormais se multiplier afin de révéler la totalité d’une programmation qui fera la part belle à la musique, à la littérature ou encore aux jeux.

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