La criminalité en baisse à Mons : “mais il faut travailler sur le sentiment d’insécurité des citoyens”

Les effectifs policiers seront notamment renforcés pour lutter contre la drogue et les comportements problématiques des personnes marginalisées.

Emeline Berlier
La zone de police de Mons/Quévy a rapidement retrouvé la trace du braqueur.
Les chiffres de la criminalité en 2022 sont encourageants mais certaines problématiques doivent encore être traitées. ©Police Mons/Quévy

C’est une problématique qui alimente quotidiennement les débats, plus particulièrement encore sur les réseaux sociaux. À Mons comme ailleurs, la sécurité reste en effet une préoccupation majeure. Du côté de la zone de police de Mons-Quévy et de la ville, il ressort que l’analyse des statistiques 2022 est positive puisqu’elle témoigne d’une diminution des faits de criminalité. Les résultats sont donc encourageants, même s’ils ne suffisent pas.

“Les chiffres communiqués par la zone de police sont vraiment très positifs”, confirme Nicolas Martin (PS), bourgmestre de Mons. “Cela ne veut pas dire que tout va bien, soyons clairs. Je suis très critique sur le sujet et nous prenons d’ailleurs beaucoup de temps, à chaque collège de police, pour discuter sécurité. Ce qu’il ressort de ce bilan 2022, c’est qu’il y a une différence entre l’insécurité ressentie par les citoyens et les statistiques. ”

Une réalité que le bourgmestre n’entend pas pour autant renier. “On doit travailler sur ce sentiment d’insécurité qui existe, qui est basé sur une série de causes : tantôt la présence de marginaux, tantôt la présence de cancre urbains, le manque d’éclairage public ou la qualité des aménagements de l’espace public. On ne relativise pas ce sentiment d’insécurité. Mais dans les faits, on constate qu’ils ne sont pas objectivés et que les actes posés sont moins nombreux qu’auparavant. ”

Selon la police, la criminalité est ainsi en nette diminution (-42 %). Les trafics de stupéfiants constatés par la police chutent de 40 % mais les autorités restent lucides face à ces données. “Dans les faits, on peut supposer qu’ils s’organisent simplement plus discrètement”, regrette Nicolas Martin. Les incivilités baissent de 33 % et les vols simples de 45 %. “Au niveau des vols, le constat est confirmé par l’agent de prévention de la ville de Mons, chargé de se rendre au domicile des citoyens victimes de cambriolage.”

Et de poursuivre : “En 25 ans, il nous confirmait n’avoir jamais connu aussi peu de faits de vols. La tendance était déjà positive lors de la crise covid et se poursuit.” Le développement du télétravail auprès de nombreux ménages pourrait justifier ces changements. Enfin, en matière de circulation routière, de bonnes nouvelles sont également à souligner : -28 % d’accidents et -28 % de blessés. Le nombre de décès chute quant à lui de 66 %.

“Le travail ne manque pas et l’attention des services doit être permanente mais nous pouvons malgré tout saluer les efforts consentis et ces bons résultats”, ajoute le maïeur, qui rappelle que la dotation communale vers la zone de police a été revue à la hausse ces dernières années. “Entre le début de la mandature et aujourd’hui, elle a été augmentée de près de 10 millions d’euros, passant ainsi de 16,5 millions à 26,5 millions d’euros. Ce qui démontre que la sécurité est une priorité concrète du collège communal.”

Du côté des effectifs, notons que la zone de police a engagé 24 équivalents temps plein supplémentaire entre 2019 et 2023 et que 23 ETP devraient encore venir les renforcer prochainement. “Nous avons des besoins spécifiques en centre-ville, sur Jemappes et sur Cuesmes où des poches d’insécurité persistent, soit du fait de trafic de drogues, soit du fait de la présence de personnes marginalisées (ayant un domicile mais adoptant un comportement problématique, NdlR). ”

La présence policière devrait donc être renforcée cette année et l’an prochain.

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