Atteint d'un cancer et en difficulté respiratoire, il est abandonné 8 heures aux urgences: la famille de Salvatore réclame des comptes

Elle souhaite qu'un tri plus efficace et judicieux soit effectué pour que les patients aux lourdes pathologies soient rapidement pris en charge.

Emeline Berlier
Salvatore Augello est décédé d'un cancer généralisé. Ses proches, dont son épouse, dénoncent les conditions de prise en charge de ses derniers jours de vie.
Salvatore Augello est décédé d'un cancer généralisé. Ses proches, dont son épouse, dénoncent les conditions de prise en charge de ses derniers jours de vie. ©D.R.

Cette fin d’année 2022 n’aura rien de festive pour la famille Augello. Il y a quelques jours, le 17 décembre dernier, l’un des leurs décédait “dans d’atroces souffrances”. Atteint d’un cancer généralisé, Salvatore Augello avait eu 59 ans en octobre dernier. Convaincus que sa prise en charge n’a pas été optimale sur ses derniers jours de vie, ses proches souhaitent faire bouger les choses afin que pareille situation ne se représente plus jamais.

Salvatore Augello est décédé d'un cancer généralisé. Ses proches, dont son épouse, dénoncent les conditions de prise en charge de ses derniers jours de vie.
Salvatore Augello est décédé d'un cancer généralisé. Ses proches, dont son épouse, dénoncent les conditions de prise en charge de ses derniers jours de vie. ©D.R.

”C’était le lundi 12 décembre dernier. Alors qu’il souffrait d’une pneumonie qui aggravait encore un peu plus son état, Salvatore a été invité à quitter l’hôpital”, nous explique Calogero Augello, son frère. “On n’a pas compris pourquoi car il ne s’agissait ni d’une demande de sa part, ni d’une demande de la famille. En ayant une pneumonie, nous estimions que sa place était à l’hôpital. Mais il est sorti. Et le lundi, après dégradation de son état, il y retournait.”

Pas de lit disponible

Alors que ses proches s’attendaient à ce qu’il soit rapidement pris en charge et réhospitalisé, le Montois a été confronté à une problématique bien réelle, plus encore en cette période d’épidémies en tout genre : le manque de lits disponibles. “On a été redirigés vers les urgences, où nous sommes restés de 8 h 15 à 16 h 30, sur une chaise, sans eau, sans nourriture,… Lorsque son épouse l’a quitté quelques instants pour aller lui chercher à manger, elle l’a retrouvé seul, à erreur dans les couloirs alors qu’il tenait à peine debout. Il devait se rendre aux toilettes mais personne n’a daigné l’aider.”

Indignée, son épouse a réclamé des comptes aux soignants. “Un membre du personnel nous a répondu “vous ne voyez pas que toutes les infirmières sont débordées et qu’elles ont autre chose à faire ?” sur un ton des plus désagréables. Nous vivions déjà des moments particulièrement éprouvants. Le fait d’être traités sans aucun respect les a rendus plus difficiles encore. Nous souhaitons aujourd’hui que des mesures drastiques soient prises afin que cette situation ne puisse plus se représenter. Que plus jamais personne ne soit abandonné dans un couloir, seul et dans la souffrance.”

Obtenir des réponses aux questions

Pour la famille, c’est avant tout un système qui a atteint ses limites. “Nous n’en voulons à personne, si ce n’est au système, au gouvernement qui a supprimé des lits, découragé le personnel soignant. Doit-on attendre que les gens meurent seuls dans les couloirs pour réagir ? Nous souhaitons que le système de tri soit revu au niveau des urgences, afin que les patients présentant des pathologies comme celles de mon frère soient pris en charge prioritairement. Il peinait à respirer, souffrait d’un cancer généralisé… Mais cela n’était visiblement pas encore suffisant !”

Le service médiation de l’hôpital a été saisi par la famille, qui souhaite des réponses à ses questions. “Mon frère est mort cinq jours après ces faits. De son cancer, certes, mais les circonstances dans lesquelles tout cela s’est passé nous empêchent de faire notre deuil. Pourquoi a-t-il été autorisé à quitter l’hôpital, pourquoi n’a-t-il pas été pris en charge rapidement lorsqu’il s’est représenté le lundi ? Nous avons besoin de réponses mais surtout, de changement pour qu’aucune autre famille ne vive le même drame.”

Contacté, l’hôpital nous confirme qu’une médiation est prévue mais que l’enquête interne destinée à faire la lumière sur cette journée du 12 décembre n’a pas encore commencé.

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