Financement des fabriques d’église à Mons : “ces budgets, importants, sont-ils vraiment nécessaires ?”

Dans l’opposition, on s’interroge sur le devenir de ces lieux de culte de plus en plus vides.

Emeline Berlier
 L’église Notre-Dame de Mousty qui a été complètement repeinte dernièrement.
Les églises sont de plus en plus vides. Leur entretien coûte en revanche de plus en plus cher. ©ÉdA - 60204147682 

Elles font partie du patrimoine et présentent, pour certaines, une valeur architecturale indéniable. Les églises catholiques sont pourtant de plus en plus désertées. Malgré cette fréquentation en chute libre, les communes sont toujours tenues de mettre la main au portefeuille pour assurer leur entretien. Chaque année, ce sont ainsi des milliers d’euros qui sont octroyés aux fabriques d’église, en charge de la gestion de ce patrimoine.

Des montants trop importants ? Le débat mérite d’être ouvert. Dans la Cité du Doudou, les lieux de culte ne manquent pas. Conclusion, les budgets alloués par la ville sont considérables. “On parle ici de 1 584 000 euros”, précise Guillaume Soupart (Mons en Mieux), conseiller de l’opposition. “Ce n’est pas rien. Et si l’on sait que la Belgique est historiquement catholique, on peut toutefois se demander si ces montants ne sont pas trop importants.”

Si le groupe pluraliste d’opposition ne plaide pas en faveur de la désacralisation des églises ou de leur vente, il souligne la nécessité de voir plus loin. “Comment inscrire ces lieux dans le futur, qu’en faire ? Avec la crise énergétique, les dépenses liées à leur entretien ont augmenté et la situation pourrait s’éterniser. Des reconversions sont-elles possibles ? Les discussions avec les fabriques d’église sont-elles ouvertes ?”

Dans certaines communes, des lieux de culte se sont métamorphosés ou sont en passe de l’être sous l’impulsion de partenaires, souvent privés. À Jurbise, l’église de Masnuy-Saint-Jean est ainsi devenue un lieu de travail pour la création de mobilier design. Au sein de l’église de Genly, un marché couvert est organisé tous les troisièmes jeudis du mois. “Sans en arriver à ces exemples de désacralisation, on peut voir comment utiliser au mieux ces édifices et éviter de grever les finances communales”, insiste Guillaume Soupart.

“Nous ne remettons pas en cause la nécessité d’entretenir les églises mais nous estimons qu’il doit y avoir un objectif, un projet derrière ces dépenses. En parfaite synergie avec les fabriques d’église, et non contre elles, les discussions doivent pouvoir avoir lieu.” Mélanie Ouali (PS), échevine des fabriques d’église, a de son côté précisé qu’en cette période de crise énergétique, un budget supplémentaire de 50 000 euros était octroyé aux fabriques pour leur permettre de faire face.

“En ce qui concerne la destination réelle des lieux, c’est l’archevêché qui a la main”, insiste-t-elle. “Mais la plupart des églises ne sont déjà plus utilisées uniquement pour des activités des cultes. Nombreuses sont celles qui ouvrent déjà leurs portes à des concerts, des expositions, des activités culturelles. C’est encore un sujet sur lequel on se penchera dans le cadre de l’élaboration du budget 2023, en fonction des besoins et demandes des fabriques d’église.”

Bref, à ce stade, difficile de réduire les dépenses communales sur ce poste précis. Mais à n’en pas douter, le sujet reviendra encore sur la table du conseil dans les prochaines années.

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