Le nouveau schéma de collecte d'Hygea crispe les Montois: "pour l'instant, c'est la catastrophe"

Bon nombre de citoyens n'ont pas intégré les changements. Les sacs poubelles et papiers-cartons polluent les rues de l'entité.

Emeline Berlier
Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons.
Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons. ©E. Brl.

Difficile de ne pas parler de flop lorsque les rues de l’entité de Mons sont encore jonchées de sacs-poubelles et de papiers-cartons détrempés par la pluie. Le nouveau schéma de collecte proposé par l’intercommunale Hygea essuie les plâtres et suscite de nombreuses critiques de citoyens qui se disent peu convaincus et perdus face aux nombreux changements entrés en vigueur le 7 novembre dernier.

Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons.
Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons. ©E. Brl.

"On se sent extrêmement frustrés en interne parce qu’on a effectué un gros travail en amont", confie Anne Copin, chargée de la communication pour l’intercommunale. "Depuis le mois d’avril, on communique sur les changements à venir. Mais force est de constater que depuis deux semaines, c’est la catastrophe. On retrouve des sacs blancs partout, en dehors des jours de collecte. Les sacs moka, s’ils sont utilisés, ne sont pas sortis les bons jours car les jours de ramassage ont changé."

Une information à côté de laquelle bon nombre de citoyens sont visiblement passés. "On a beaucoup communiqué sur les changements de contenants et de fréquence, et peut-être trop peu sur les changements de calendrier a proprement dit. À partir de ce lundi 22 novembre, 60 000 toutes boites seront distribuées aux citoyens afin de rendre toutes les informations utiles et concrètes nécessaires au bon déroulement des prochaines collectes."

Une période de transition pour s'adapter aux changements

Car si une période de transition est prévue jusqu’en janvier 2023, l’objectif reste bien de trier mieux et d’ainsi réduire les tonnages. "Ce qui ne fonctionne pas pour l’instant. Les citoyens écoulent leurs sacs blancs en entreprenant visiblement de grand nettoyage. Si l’on peut comprendre la volonté d’utiliser des rouleaux entamés, on rappelle qu’ils ne sont à sortir que lors du ramassage des sacs moka, tous les 15 jours donc." Il faudra attendre la fin de la période de transition pour qu’un bilan en matière de réduction de production des déchets puisse être tiré plus objectivement. "On constate cependant que la quantité de déchets organiques augmente, ce qui prouve que les gens trient plus, mieux."

Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons.
Le nouveau schéma de collecte Hygea ne s'installe pas sans mal à Mons. ©E. Brl.

Les communes voisines, déjà passées sous le nouveau schéma de collecte (Frameries ou Boussu, par exemple) ont-elles aussi connu leur lot de difficultés. "On est conscient que cela nécessite de l’adaptation pour les citoyens comme pour nous, d’autant qu’un partenaire privé est entré dans l’équation. Au call center, on constate que de nombreuses plaintes concernent les PMC et les papiers-cartons, désormais ramassés à Mons par le groupe Dufour. Quelques ajustements sont nécessaires."

Du temps, de la patience, de la réorganisation et de la bonne volonté devraient permettre un changement plus en douceur. "On va recommuniquer, retaper sur le clou pour que tout le monde ait bien en tête les changements opérés. On invite aussi les citoyens à utiliser notre application qui regorge d’informations utiles et pratiques." Si les dates de collecte n’ont pas été assignées à une rue, les citoyens peuvent le signaler à hygea (info@hygea.be) afin qu’une correction soit apportée.

Quant aux sacs qui dégradent actuellement le cadre de vie des communes montoises, les citoyens sont invités à les rentrer et à les présenter à la prochaine collecte selon le nouveau calendrier. "Si certaines rues sont vraiment problématiques, il est prévu que la ville de Mons déploie des moyens et intervienne." Une nécessité lorsqu’on parle de propreté et salubrité publique.