La variole du singe encore peu présente à Mons-Borinage

La Wallonie est la région la plus épargnée par cette nouvelle maladie.

U.P.
La variole du singe encore peu présente à Mons-Borinage

Depuis mai 2022, on parle beaucoup de la variole du singe, maladie qui a été pour la première fois identifiée en Europe et qui survenait jusqu’alors en Afrique. L’épidémie s’est répandue en Belgique, où 546 cas ont été signalés au 8 août, selon Sciensano. La majorité des cas proviennent de Flandre (56%) et de Bruxelles (34%). En Wallonie, 55 cas ont été signalés, soit 10%.

A Mons, les premiers patients atteints de cette pathologie ont été détectés le mois dernier à l’hôpital Ambroise Paré. "Nous avons dépisté depuis le début du mois de juillet six cas de variole du singe et nous sommes en attente de confirmation de test pour deux cas", explique le Dr Camelia Rossi, cheffe du service des maladies infectieuses. Les symptômes de ces malades varient: "certains avaient des symptômes très légers, avec quelques lésions éparpillées, tandis que d’autres avaient un syndrome grippal et plutôt des lésions dans la sphère génito-anale, avec des démangeaisons…"

A Ambroise Paré, tous les malades diagnostiqués sont des hommes. Les infections surviennent principalement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, indique Sciensano, mais pas uniquement. "24 des 540 cas identifiés en Belgique ont participé à une fête, mais sans relation sexuelles." Quant aux femmes, "elles peuvent l’attraper, comme l’a montré une étude en Espagne qui a suivi 181 personnes infectées, dont 10 femmes", rappelle le Dr Rossi. Ce mercredi, Sciensano indiquait justement qu’une première femme avait été contaminée par ce virus en Belgique.

Du côté de l’hôpital, on s’est adapté à l’apparition de cette nouvelle maladie, tout en prenant garde de ne pas la voir partout: "il faut être vigilant, mais ne pas diagnostiquer la variole du singe à tous ceux qui ont des boutons. On prend le temps d’interroger les patients, on leur demande s’ils ont voyagé, s’ils ont été en festival…" Quant aux précautions à prendre pour le personnel, elles impliquent le port du masque, toujours obligatoire à l’hôpital, et des gants.

Les patients atteints de la pathologie sont invités à s’isoler quelque temps. "Elles doivent s’assurer une bonne hygiène des mains et attendre que les lésions cutanées atteignent le stade de croûte pour reprendre une vie normale." Cela peut prendre de 7 à 14 jours "en fonction de la gravité de l’infection." L’AVIQ recommande 21 jours de mise à l’écart.

Les malades sont traités grâce à des antiviraux et Ambroise Paré n’a pas encore dû faire face à des patients nécessitant un traitement non disponible chez nous. "Si cela devait être le cas, nous nous arrangerions pour nous le procurer", précise la cheffe de service, qui rappelle que la meilleure prévention, c’est la vaccination.

Problème: la quantité de doses est insuffisante en Belgique et des groupes prioritaires ont été définis. "C’est un peu difficile à entendre pour des patients qui sont demandeurs et qui veulent se protéger, mais qui n’y ont pas accès car les critères sont stricts. C’est dommage car nous suivons des patients qui se prémunissent du VIH, et qui seraient facilement joignables." Certains n’hésitent d’ailleurs pas à franchir la frontière pour se faire vacciner à Lille ou Valenciennes.