Mons: à 80 ans, l'Ecolo Jean-Pierre Viseur tire sa révérence

En démissionnant du conseil communal, le conseiller écolo met un terme à quatre décennies d'engagement politique. Sans aucune rancune.

Ugo Petropoulos
Mons: à 80 ans, l'Ecolo Jean-Pierre Viseur tire sa révérence

Une page se tournera au prochain conseil communal pour les écologistes montois. Jean-Pierre Viseur, leur doyen, a décidé de démissionner de son mandat de conseiller communal. Une décision simplement motivée par l'âge. "J'ai été élu 15 ans au conseil communal de Mons et je n'avais pas été élu directement en 2018. Je suis redevenu conseiller communal quand Aliénor Lefèbvre a démissionné. En temps que premier suppléant, il me revenait de reprendre le mandat, mais j'avais annoncé que je n'irai pas au bout de ce mandat. "

Car Jean-Pierre Viseur aura 80 ans ce 29 juin et il avait toujours dit qu'il prendrait sa retraite militante à cet âge. "Je n'ai pas l'intention de briguer un nouveau mandat pour six ans en 2024. Je démissionne donc pour passer le relais à un plus jeune." Ce plus jeune sera Baptiste Coppens, qui se trouve être le voisin direct de Jean-Pierre Viseur. "C'est le pur hasard, ce sont les voix de préférence qui déterminent la liste des suppléants, pas le voisinage", sourit-il.

Le Ghlinois a été un des pionniers verts en terres montoises. En 1991, il est le premier élu Écolo de l'arrondissement de Mons à la Chambre des Représentants, où il siège durant 10 ans. Il fut ensuite chef de groupe Écolo au conseil communal de Mons de 2001 à 2012, avant de céder la tête de liste à la jeune Charlotte De Jaer.

A l'heure de quitter la scène politique, il insiste: il part "en parfaite connivence avec Écolo, il n'y a pas de conflit avec les autres membres du groupe." Durant quarante années de militantisme, Jean-Pierre Viseur a vu quasi naître le mouvement écologiste à Mons, alors qu'il faisait partie des rangs de l'UDP, une formation progressiste créée par René Noël, ancien bourgmestre de Cuesmes. "On voulait créer une liste commune avec les écolos pour les élections communales et au fur et à mesure des échanges, je me suis rendu compte que j'étais plus en adéquation avec leurs idées qu'avec celles de l'UDP. Je les ai donc rejoints."

Laisser le vert produire ses effets

En quatre décennies, Écolo a évolué, s'est frotté à l'exercice du pouvoir, mais sans que cela n'altère la fidélité de Jean-Pierre Viseur. A Mons, depuis qu’Écolo est en majorité, il estime que "nos deux échevines font bien leur boulot. On est dans une coalition et il faut tenir compte de cela. Certaines décisions sont parfois difficiles à accepter, comme ce fameux écran LED pour lequel j'aurais voté contre si j'étais dans l'opposition. Mais dans une majorité, il faut faire des concessions et apprécier le travail global. Et de bonnes décisions sont prises."

La touche verte est présente et les effets s'en feront ressentir dans les prochaines années. "Quand Écolo arrive, on attend de voir pousser des arbres et pistes cyclables. Mais il faut du temps pour que les choses se mettent en place. Et de rappeler le rapport de force: 6 conseillers Écolos sur 45 conseillers communaux. On a un poids plus que raisonnable par rapport au nombre de voix reçues de la population."

S'il part en bon termes avec son groupe, la politique locale ne lui manquera pas. Et de déplorer un manque de respect qui s'est installé dans les débats. "A l'époque dans l'opposition, je trouve que nous étions plus constructifs et moins dénigrants de ce que j'entends aujourd'hui de la part de certains membres. Il y a une espèce d'ambiance qui n'est pas celle que j'aimerais voir émaner de l'opposition. La ville, le monde, l'état de la planète...Tout est compliqué et il n'y a pas de solutions simples aux problèmes."