La Mutualité Chrétienne veut construire une centaine de kots et d’appartements sur son siège montois

Les projets d’ampleur visant à construire des kots se multiplient à Mons.

Ugo Petropoulos
La Mutualité Chrétienne veut construire une centaine de kots et d’appartements sur son siège montois

Une enquête publique a démarré à Mons au début des vacances de Pâques, concernant l’introduction d’une demande de permis d’urbanisme par l’ASBL Solidarité Hainaut Picardie (Mutualités Chrétiennes). Celle-ci entend étendre et réaffecter son l’immeuble de bureaux à la rue des Cannoniers, entre l’Avenue Jean d’Avesnes et les Casemates.

Le projet implique la création de parkings, de kots et de logements. D’après une ébauche d’avant-projet élaborée par le cabinet d’architecture Etau, le bâtiment actuel serait conservé, à l’exception de son dernier étage. Celui-ci serait déconstruit et deux étages seraient reconstruits sur la même emprise au sol, en retrait de la façade.

Deux extensions verraient le jour: l’une rue des Casemates, à la place du parking réservé au personnel de la MC, et l’autre le long de l’avenue Jean d’Avesnes. Le nouveau bâtiment deviendrait mitoyen du reste du pâté de maison. Un parking souterrain serait également creusé. Ces travaux et la réaffectation du bâtiment doivent permettre à la Mutualité Chrétienne du Hainaut de construire une centaine de logement: une septantaine de kots et 19 appartements.

Un projet d’ampleur, mais qui part avec un handicap: la Ville de Mons privilégie les projets qui sont construits en collaboration avec les universités et hautes écoles du territoire ou qui permettent d’aménager ou de supprimer des bâtiments problématiques. Or, ce projet ne semble pas être mené en collaboration avec une des universités de la Ville: l’UMons n’y est pas associée selon Sud Presse et l’UCLouvain Mons concentre son développement immobilier estudiantin autour du campus Fucam. Celle-ci est d’ailleurs en train de construire un nouveau bâtiment le long de la Chaussée Roi Baudouin, qui comprendra 81 logements.

14000 étudiants montois

Sur les réseaux sociaux, les réactions hostiles à ce nouveau projet se multiplient. Mais n’en déplaise à leurs auteurs, l’offre de kots ne cessera de grandir à Mons, où 14000 étudiants fréquentent une université ou haute école. Tous ne kotent pas, mais une proportion non négligeable cherche à loger sur place.

"Dès que nous ouvrons le robinet des inscriptions, nous avons plus de 2500 demandes de logements. Nous comptons 880 kots actuellement, nous expliquait Philippe Meytens, administrateur de l’UMons, en juillet dernier. Quand nous ne pouvons pas proposer de kots à nos étudiants, ils se tournent vers le privé. Mais certains paient parfois très cher des logements de piètre qualité. Or, il est essentiel que nos étudiants soient bien logés. C’est aussi important que la qualité de l’enseignement. À terme, nous aspirons à doubler voire à tripler notre offre de kots."

Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’UMons multiplie les partenariats, avec le promoteur Ion à la Place Léopold, où plus de 80 kots remplaceront les deux chancres, avec Eckelmans à l’avenue Maistriau, où une centaine de kots et 24 appartements seront construits à la place des anciens ateliers communaux, désormais démolis. Les logements étudiants sont donc amenés à se multiplier dans la ville, que ce soit avenue des Canonniers, ou ailleurs. L’enquête publique pour ce projet se clotûrera le 19 avril prochain.