5 femmes découpées en morceaux en Belgique et en France: 25 ans après, le dépeceur de Mons n’a toujours pas été identifié

Pendant un an et demi, un homme a semé la mort en Belgique, découpant les membres de cinq femmes. Vingt-cinq ans après les faits, le dépeceur de Mons n’a jamais été retrouvé.

Th. L.
Belga
5 femmes découpées en morceaux en Belgique et en France: 25 ans après, le dépeceur de Mons n’a toujours pas été identifié
Les membres avaient été découpés «avec une précision remarquable», selon le parquet de Mons. ©Photo News

Quinze sacs-poubelle, 37 morceaux de corps de cinq victimes féminines: six mois après les horreurs de Marc Dutroux, la Belgique est confrontée à celui qu’on surnommera le dépeceur de Mons.

À Cuesmes, près de Mons, Olivier Motte, policier de la brigade équestre, a son attention attirée par neuf sacs à ordures en contrebas de la rue Emile Vandervelde. Lorsqu’il ouvre les sacs-poubelle gris foncé, il tombe sur des bras, des mains, des pieds, des tibias… Les restes de trois cadavres humains. Trois femmes. Les membres ont été découpés "avec une précision remarquable", selon le parquet de Mons. L’enquête sur celui qu’on appellera "le dépeceur de Mons" s’annonce difficile. Les neuf sacs ne contiennent ni tête ni tronc. Selon l’analyse des insectes nécrophages, le premier meurtre remonte à juillet 1996.

Dix jours plus tard, un transporteur routier découvre, chemin de l’Inquiétude, à 200 mètres de la gare de Mons, deux nouveaux sacs-poubelles contenant des restes humains dont le tronc d’une femme. Le 12 avril, les douzième et treizième sacs sont repérés à Havré, rue du Dépôt. On y retrouve un pied et une avant-jambe. Dans l’autre, une tête humaine. Le 18 avril, toujours à Havré, des ouvriers communaux trouvent trois sacs, rue Saint-Symphorien. À l’intérieur: une main, un bras, un avant-bras…

La police soupçonne rapidement qu'un des cadavres pourrait être celui de Jacqueline Leclercq, disparue trois jours avant le réveillon de Noël 1996. Un avant-bras exhumé d'un des sacs a été charcuté à l'endroit précis où la femme de 33 ans arborait un tatouage. Les analyses génétiques confirmeront son identité. Avec la tête d'une autre victime, un portrait-robot est réalisé. Nathalie Godart, 21 ans, est reconnue par sa mère. Elle avait disparu le 16 mars 1997. Un autre cadavre sera identifié comme celui de Martine Bohn, 43 ans, d'origine française mais habitant Mons depuis plusieurs années. Elle avait disparu dans la nuit du 20 au 21 juillet 1996. Son tronc avait été repêché, quatre jours plus tard, dans le canal du Centre, à Mons. Il correspond à certains membres retrouvés à Cuesmes. Le quatrième nom est celui de Carmelia Russo, 46 ans. Elle avait disparu le 4 janvier 1996. Son bassin avait été repéré sur les berges de l'Escaut, à Château-l'Abbaye, en France. Et en août 1997, un crâne et une vertèbre sont découverts à Hyon, près de Mons. Ils appartiennent à Bégonia Valencia, de Frameries, 38 ans. Le dossier est transmis au FBI.

5 femmes découpées en morceaux en Belgique et en France: 25 ans après, le dépeceur de Mons n’a toujours pas été identifié
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La cellule d’enquête Corpus est toujours active. Le but est de tenter, avec les nouvelles techniques d’investigations scientifiques, notamment grâce à l’ADN, de faire parler des indices...

Une cellule d’enquête spécialisée, baptisée Corpus, est mise sur pied. Cette cellule, qui a longtemps souffert du manque d’effectifs, était réduite à quatre enquêteurs en 2007.

"Elle est toujours active", précise-t-on au parquet général de Mons. "Le but est de tenter, avec les nouvelles techniques d’investigations scientifiques, notamment grâce à l’ADN, de faire parler des indices, d’exploiter des microtraces, de nouvelles informations."

Les victimes fréquentaient le quartier de la gare de Mons

L’enquête montrera que toutes les victimes avaient l’habitude de fréquenter le quartier de la gare de Mons. Elles connaissaient toutes des difficultés économiques ou familiales. Il s’agissait de femmes fragiles, isolées, la plupart alcooliques ou droguées.

Selon les résultats des autopsies, toutes les victimes ont été découpées une fois mortes. Avec une scie manuelle, et une précision remarquable.