Mons: De grands changements se profilent pour la mobilité scolaire

Trop de voitures aux abords du Sacré-Cœur et de Saint-Stanislas? Plus pour longtemps!

Mons: De grands changements se profilent pour la mobilité scolaire
G.La

S’ils le pouvaient, certains parents déposeraient leur progéniture devant la porte de la classe, au volant de leur voiture. L’habitude est bien ancrée, mais elle est particulièrement problématique dans le quartier de la place du Parc qui abrite deux établissements scolaires importants: Saint-Stanislas et le Sacré-Cœur.

Le nouveau Plan communal de Mobilité entend remettre de l’ordre aux alentours. Le travail est déjà entamé, des contacts ont été pris avec les deux écoles. Un premier constat a ainsi pu être dressé. Grâce à l’installation de ralentisseurs, de trottoirs, totems et autres potelets, il apparaît que la sécurisation des abords directs des deux écoles est acquise. Mais il manque encore de solutions fortes pour changer les modes de déplacement. La voiture domine toujours, alors que 50% des élèves habitent la commune, sur des distances propices à l’usage du vélo notamment.

Que faire? Tout d’abord, le PCM préconise de réguler les accès des véhicules motorisés aux abords des écoles. "Actuellement, la rue des Gailliers et la rue des Dominicains servent de Kiss and Ride géant pour permettre aux véhicules motorisés d’approcher au plus près de leur destination", soulève Charlotte De Jaer, échevine de la Mobilité. "Il est donc prévu de faire passer ces deux axes en rues scolaires. Elles seront réservées à la circulation des modes actifs aux heures de rentrée et de sortie des classes. Il y aura des autorisations pour les véhicules motorisés. On pense notamment aux riverains et aux services de secours ou d’utilité publique."

Pour tout changement contraignant, il faut des alternatives. Un véritable parking P + R sera aménagé à proximité du quartier sensible. Une navette du TEC y prendra son départ vers les deux écoles visées. Elle fera une boucle en passant notamment par la rue des Fillettes qui sera réaménagée pour permettre la desserte de la navette et les flux piétons, aujourd’hui pénalisés par l’abondance du stationnement. Par ailleurs, un accès direct à un parking vélo sécurisé sera aménagé à la rue du Mont du Parc. Il est également prévu d’améliorer le cheminement piéton à la rue Notre-Dame Débonnaire, mais aussi d’aménager une zone de rencontre à la rue de la Houssière, chemin emprunté par les élèves venant de la gare. Pour rappel, dans une zone de rencontre, la vitesse est limitée à 20 km/h et les piétons, autorisés à circuler sur la chaussée, ont la priorité absolue. Précisons enfin que les parents des élèves de la section maternelle du Sacré-Cœur auront toujours la possibilité de déposer leur enfant près de l’école. "On ne va pas mettre les tout-petits dans un bus", rassure l’échevine.

Parallèlement à cette mise à l’écart des voitures, le PCM prévoit de gérer et d’orienter les déplacements tant des élèves que des enseignants. On pense surtout au vélo. "En dialogue avec les deux écoles pilotes, un premier pas a été franchi pour passer de la théorie à la pratique", poursuit Charlotte De Jaer. "Une étude a confronté la localisation des élèves à la qualité des itinéraires cyclables. Il en ressort notamment que 300 élèves habitent le long d’itinéraires abordables avec accompagnant. Six lignes de vélos-bus sont à développer à court terme, pouvant susciter l’autonomie ensuite. Enfin, 135 élèves habitent le long d’itinéraires pas suffisamment sécurisés aujourd’hui. Il est donc prévu d’y réaliser des aménagements pour y créer quatre nouveaux vélos-bus à l’horizon 2025."

À quand le Grand Soir de la Mobilité dans ce quartier sensible? Des contacts ont été pris avec les TEC et le SPW dont dépend l’application de certaines mesures. Du côté de la Ville de Mons, les aménagements nécessaires sont inscrits au budget 2022. Charlotte De Jaer espère donc que le nouveau plan pourra s’appliquer l’année prochaine. Pour la rentrée scolaire ou au pire avant la fin de l’année 2022. Cette nouvelle stratégie de la mobilité scolaire éprouvée dans le quartier de la place du Parc sera ensuite amenée à être étendue à d’autres établissements de l’entité montoise.