La mobilité en chantier

Très attendu, le nouveau Plan communal de Mobilité montre enfin le bout de son nez.

G.La
La mobilité en chantier
©AVPRESS

Il était aussi ardemment attendu qu’un bus en retard par un matin d’hiver le long du boulevard. Le nouveau Plan communal de Mobilité pointe enfin le bout de son nez. "Ça ne va pas être une baguette magique qui va tout révolutionner", prévient d’emblée le bourgmestre Nicolas Martin. "Néanmoins, le défi est d’offrir des alternatives crédibles et efficaces à la voiture, le parc automobile montois ayant doublé en 20 ans."

Selon l’échevine de la Mobilité, le PCM n’est pas une bible exhaustive qui va réglementer la circulation dans les moindres recoins du Grand Mons. C’est plutôt un outil stratégique qui définit une orientation à moyen terme pour rencontrer la vision FAST 2030 de la Région wallonne : augmenter le vélo, la marche, les transports en commun et le covoiturage pour réduire la part de la voiture individuelle.

Plusieurs objectifs sont ainsi définis. Tout d’abord, apaiser certains quartiers auxquels la circulation s’est étendue, alors qu’ils n’étaient pas faits pour ça. "Des aménagements vont être réalisés pour ramener le charroi sur les axes de transit. Cela va se faire en concertation avec les riverains. À Hyon et au Chemin de la Procession, le processus est déjà lancé", précise Charlotte De Jaer.

Autre grand objectif, fluidifier l’heure de pointe. "Deux moyens pour y arriver : retirer une partie du flux et étendre ce flux", poursuit l’échevine de la Mobilité. Pour étendre ce flux, l’idée est de faire en sorte que tout le monde ne débarque pas en même temps à Mons. Des décalages de 15 à 30 minutes peuvent faire la différence. Des discussions vont être lancées avec les universités, les grandes entreprises et les écoles.

Pour amputer le flux, la Ville va multiplier les parkings P + R (pour Park and Ride) en tirant les leçons du passé. Des zones de délestage seront donc stratégiquement situées et surtout, desservies par des bus qui, roulant en site propre, rejoindront plus rapidement que les voitures le centre de Mons. Ainsi, les automobilistes travaillant à Mons doivent davantage être tentés par ces parkings P + R, plutôt que de squatter en centre-ville des places qui devraient servir à la clientèle des commerçants locaux.

La réflexion est d’ailleurs menée de concert avec l’échevin Maxime Pourtois, en charge du stationnement. "Le schéma de la carte du stationnement est amené à évoluer, parallèlement à l’application des mesures du PCM, de manière à offrir des alternatives lorsqu’il y a des changements", indique Maxime Pourtois. "Nous travaillerons sur des cercles concentriques. Dans l’hyper-centre de Mons, le nombre de places achat-minute va augmenter jusqu’à 220. En voirie, on pourra aussi s’y stationner durant 2 h maximum avec paiement. Au-delà de l’hypercentre, il y aura une zone tampon où le stationnement en voirie sera limité à 3 h 30 payantes. Enfin, jusqu’aux boulevards, ce sera une zone de parking gratuit."

Le PCM s’est également penché sur la mobilité scolaire, gros point noir à Mons. Un travail est en cours autour du pôle Sacré-Cœur et Saint-Stanislas pour faire en sorte que le quartier ne ressemble plus à une immense zone Kiss and Ride.

L’accent est mis également sur la multiplication et la sécurisation des itinéraires cyclables. Un travail lancé un peu à l’avance par rapport au PCM, la Ville ne devant pas passer à côté de l’appel "Wallonie cyclable" et ses subsides (1,7 million d’euros). Le PCM vient tout de même réaliser une synthèse des aménagements existants à sécuriser, à aménager et des nouvelles liaisons à créer. Deux gros chantiers à pointer : l’aménagement de pistes à l’entrée de ville Ouest du côté de Cuesmes – en profitant de la reconstruction du pont Wauters – et aux abords de la Haine du côté de Jemappes.

Et maintenant? Après avoir été discutée en commissions, cette ébauche du PCM va être présentée au conseil communal, mercredi. Elle va également être soumise à une enquête publique du 29 novembre au 15 janvier. Des réunions d’information vont être planifiées. Les Montois pourront donc livrer leurs remarques avant la finalisation du plan prévue au printemps prochain.