Alexandro Carucci condamné à 25 ans de prison pour le meurtre de Muriel Bauduin à Binche

La cour d’assises du Hainaut a prononcé, jeudi, une peine de 25 ans de réclusion à l’encontre d’Alexandro Carucci, coupable du meurtre de Muriel Bauduin, à Binche, le 13 août 2017. La cour n’a retenu aucune circonstance atténuante.

Alexandro Carucci condamné à 25 ans de prison pour le meurtre de Muriel Bauduin à Binche

Alexandro Carucci fut le bourreau de Muriel Bauduin. Durant leurs huit mois de vie commune, il l’a passée à tabac plusieurs fois et cette violence augmentait à chaque fois. En janvier 2017, il lui a porté des coups dans une rue à Mons. Un témoin était intervenu.

En avril 2017, il a envoyé la victime à l’hôpital avec 64 fractures au visage et prétendu qu’elle avait chuté dans sa douche.

En juillet 2017, Muriel Bauduin a montré son corps meurtri par les coups à l’épouse de l’un de ses amis. Celle-ci a deviné qu’elle souffrait de plusieurs côtes cassées. Une fois de plus, elle cachait des blessures au visage sous des lunettes noires.

Le 13 août 2017, la victime a été tabassée à mort à la suite d’une violente dispute qui a éclaté au domicile du couple, rue du Cygne à Binche. Alors qu’elle agonisait, Alexandro Carucci l’a poussée en bas des escaliers. Il a ensuite décidé de la jeter dans le canal à Seneffe, alors qu’elle était déjà morte.

Il lui fracasse le crâne… mais affirme qu’il ne voulait pas tuer

Le corps a été repêché le lendemain, et le visage était couvert d’hématomes. Le crâne avait été fracassé. Pendant ce temps-là, Alexandro Carucci tentait de masquer son crime en nettoyant l’appartement et en envoyant des SMS à sa victime.

Le 17 août 2017, il a été arrêté par la police dans le centre de Binche. Depuis, il n’a pas manifesté un regret, multipliant notamment les mensonges.

Lors de son procès, il a répété qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer sa compagne. Son avocat, Me François Behogne, a déclaré que «ce n’est pas un sadique», mais «quelqu’un dont les actes de violence sont le résultat d’une très forte carence affective couplée avec une assuétude à l’alcool.»

Durant son enfance, Alexandro a été témoin de faits de violence et a reçu des coups de son beau-père, lequel a dressé un portrait très négatif de lui lors de son audition à la police. «Il n’a même pas eu le courage de venir témoigner devant la cour alors qu’il vit toujours avec la maman de Monsieur Carucci», a regretté l’avocat.

Aux yeux de son conseil, Alexandro Carucci n’est plus le même homme que celui qui a commis les faits en 2017. «Il ne s’est jamais fait remarquer en prison, il y a un début d’amendement contrairement à ce que dit l’avocat général», a ajouté Me Behogne.

Un acharnement

Pour les jurés, la localisation des coups (la tête), le nombre (une quinzaine), et la violence sont la preuve d’un véritable acharnement, corroborés par les aveux de l’accusé et les avis d’expertise. «Il était animé de l’intention de tuer au-delà de tout doute raisonnable», ont estimé les juges.

Ce doute avait été plaidé par la défense, selon laquelle il s’agissait d’une scène de coups comme il en a existé «tant d’autres» dans la vie de ce couple.

Mais la violence allait crescendo et dans un seul sens.

Pour les jurés, le meurtre du 13 août n’était pas prémédité, comme l’avaient soutenu les parties civiles et l’avocat général. Par contre, son comportement après les faits prouve qu’il avait l’intention de tuer car il n’a pas hésité à se débarrasser du corps et brouiller les pistes.

Le jury l’a donc déclaré coupable de meurtre et de coups et a prononcé la peine requise par le ministère public, soit 25 ans de réclusion criminelle.

La cour n’a retenu aucune circonstance atténuante. Le message des jurés a été clair: on ne bat pas une femme.

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