Pour l’accusation et les parties civiles, Alexandro Nicoletti a commis un meurtre et une tentative de meurtre

Ce matin, Me Jean-Philippe Rivière, avocat des parties civiles, et Ingrid Godart, avocat général, ont défendu la thèse du meurtre et de la tentative de meurtre devant la cour d’assises du Hainaut. La défense d’Alexandro Nicoletti plaide cette après-midi…

Belga
Pour l’accusation et les parties civiles, Alexandro Nicoletti a commis un meurtre et une tentative de meurtre
Lawyer Damien Vanneste, The accused Alexandro Nicoletti and Lawyer Paul Ernould pictured during the jury constitution session before the assizes trial Alexandro Nicoletti, before the Assizes Court of the Hainaut Province in Mons, Thursday 18 ... ©BELGA

Me Jean-Philippe Rivière, avocat des parties civiles, et Ingrid Godart, avocat général, ont défendu la thèse du meurtre et de la tentative de meurtre devant la cour d’assises du Hainaut, mercredi. Pour eux, il est incontestable que l’accusé, Alexandro Nicoletti, était animé d’une intention de tuer, le 7 mai 2017 sur la chaussée de Bruxelles à Tournai. Après avoir heurté Kevin C., il avait fauché Valentin Beghin avec sa BMW après une bagarre et des menaces proférées sur le parking d’une discothèque.

Après avoir été viré, à deux reprises, d’une discothèque à Rumes suite à une bagarre, Alexandro Nicoletti s’était rendu dans une autre discothèque à Tournai, le Come back. Là-bas, il s’est battu avec son cousin sur le parking.

Après avoir proféré des menaces avec un couteau, l’accusé a fait des manœuvres dangereuses sur la chaussée de Bruxelles. Il a failli renverser Kevin C. qui a eu la force de s’appuyer sur le capot de la voiture. Ensuite, l’accusé a fait d’autres manœuvres sur la chaussée, manquant de causer une collision frontale avec un véhicule qui se dirigeait vers Gaurain.

Alors que l’accusé avait encore exhibé son couteau, Kevin a fracassé les vitres latérales de son véhicule. Humiliation suprême au terme d’une «soirée de la frustration», comme l’a déclaré Me Rivière dans sa plaidoirie. Au volant de sa voiture, considérée comme une arme, il a fauché Valentin et il est repassé sur son corps. Selon l’expertise automobile et de nombreux témoins, il a mis les gaz pour franchir l’obstacle couché sur le sol. Il a ensuite pris la fuite en faisant un doigt d’honneur.

Pour l’avocat des parties civiles, Alexandro Nicoletti a mis en œuvre, en connaissance de cause, des moyens qui normalement doivent donner la mort. Dès lors, il a eu l’intention de tuer. «Ici, il s’agit d’une voiture contre un humain et il est de jurisprudence qu’une voiture est une arme. L’expert automobile est formel, il fallait accélérer pour franchir l’obstacle, les traces de fumées le prouvent. Il est indiscutable qu’il a mis en œuvre des moyens qui, normalement, doivent tuer.»

L’avocat général insiste sur quatre éléments pour affirmer que c’est un meurtre qui a été commis le dimanche 7 mai 2017: le moyen (une voiture puissante), l’état d’esprit de l’accusé «qui a foncé tout droit vers sa victime alors qu’il avait la possibilité de dévier sa trajectoire», les lésions (côtes fracturées, poumons perforés) et la détermination de l’accusé qui, après avoir frôlé Kevin, a renversé Valentin, «il l’a ensuite écrasé en enclenchant la marche arrière et remis les gaz».

Ingrid Godart a eu le même raisonnement pour la tentative de meurtre. Le port d’une arme, un couteau, est incontestable.

Mardi, la défense avait demandé de requalifier le meurtre en coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et la tentative de meurtre en coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail au sens de l’article 400 du code pénal. Elle va plaider dans la foulée.

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