Jean-Philippe Watteyne: «Mons, c’est viral!»

Malgré la célébrité que lui a apportée Top Chef, Jean-Philippe Watteyne est resté les pieds sur terre. Et sa terre, c’est Mons.

Ugo Petropoulos

Il y a quatre ans, Jean-Philippe Watteyne devenait la coqueluche des téléspectateurs wallons, grâce au concours de cuisine Top Chef. Mais c'est à Mons qu'il s'est d'abord fait connaître avec son restaurant iCook. Rencontre.

Quand démarre votre relation avec Mons?

Mes parents habitaient à côté, à Pâturages (Colfontaine). J’ai été à l’école à Mons, jusqu’à mes quinze ans, puis j’ai été à l‘école hôtelière, à Saint-Jacques à Namur. Mais je revenais chaque week-end. Quand je suis parti à l’étranger, je revenais à Mons tout le temps. C’est «viral». Et quand j’ai eu l’occasion d’ouvrir un restaurant, il n’y avait pas d’autres choix que de l’ouvrir à Mons.

iCook ouvre en 2008. Avec quelle ambition à la base?

J’ai repris un traiteur. J’ai gardé sa carte et, au fur et à mesure, j’ai fait quelques petites suggestions. Les tables marchaient de mieux en mieux, du coup j’ai supprimé l’espace traiteur pour développer le restaurant, mais je n’avais que 11 tables. Au début, je faisais des plats simples, puis ça a évolué pour devenir gastronomique.

Toute la Wallonie vous a découvert en 2013 avec «Top Chef». Vous avez eu des propositions pour travailler ailleurs?

Oui, j’ai eu des propositions de restos «clé sur porte». Mais j’avais déjà mon resto, donc ça ne m’intéressait pas.

Vous voulez absolument garder une activité montoise?

Oui. Je garderai toujours un pied en centre-ville. Mais il y a une autre ville que j’aime bien: Liège. C’est hypervivant et les Liégeois ont un peu la même mentalité que nous: pas prise de tête, festifs, ouverts…

C’est cet esprit qui vous plaît tant à Mons?

Oui et, en plus, c’est petit donc tout le monde se connaît… On se sent très libre. Le meilleur exemple, c’est le Doudou. Si tu veux danser sur les tables, tu danses sur les tables …

A contrario, qu’est-ce qui vous déplaît à Mons?

L’insécurité, le vandalisme… C’est chiant! Ici il y a un peu plus d’un an qu’on a plus de problèmes, mais on a déjà eu des vitres cassées, des effractions, une agression… C’est un peu dommage.

Quel est votre regard sur les projets de revitalisation du centre-ville?

Ça dépend: Primark, c’est pas ça qui va me ramener de la clientèle. À côté de ça, il y a d’autres projets pour tenter de redresser un peu le niveau… Après, quand on discute avec des vieux, ils disent que ça a toujours été comme ça à Mons. Il y a des périodes avec et des périodes sans. Là, ça ferme de partout, mais la redynamisation est en cours.

Par contre, en restauration, vous êtes loin d’être le seul…

Si tu vas voir dans Trip Advisor, on est 200 restaurants dans le grand Mons. Mons-centre, c’est 60 000 habitants. C’est énorme. Du coup, ça donne une concurrence énorme. Donc il faut toujours être au top, car il y a du monde à côté.

Des projets?

Oui. J’aimerais revoir le concept du Bistro de Jean-Phi et le dupliquer dans d’autres villes.