Jacqueline Galant veut plus de transparence dans les intercommunales de Mons-Borinage

Réélue il y a deux mois à la tête de la fédération MR Mons-Borinage, Jacqueline Galant et son équipe veulent s'attaquer à un chantier brûlant: les intercommunales et sociétés de logement. Les libéraux veulent faire de Mons-Borinage un exemple de bonne gouvernance.

Ugo Petropoulos
Jacqueline Galant veut plus de transparence dans les intercommunales de Mons-Borinage
Jacqueline Galant ©Ugo PETROPOULOS

Dans l'arrondissement de Mons-Borinage (13 communes, 258 000 habitants), on dénombre pas moins de 9 intercommunales et 7 sociétés publiques de logement."C'est énorme", estime Jacqueline Galant, fraîchement réélue présidente de la Fédération MR Mons-Borinage.

Ce qui est encore plus énorme, c'est qu'elle-même, malgré sa position, ne connaît pas avec exactitude le nombre de mandataires politiques qui se partagent les postes d'administrateur au sein de ces structures, y compris les mandataires de son propre parti.

Tout au plus sait-on au sein de son équipe qu'il y a plus de 250 administrateurs répartis au sein de ces 16 structures. Un nombre qui pourrait montrer jusqu'à 290. Pour avoir le chiffre précis, ce sont delongues heures passées à consulter le Moniteur belge qui vous attendent.

Ce manque de transparence n'a pas de quoi rassurer le citoyen, en ces temps troubles où les intercommunales ont mauvaise presse. C'est pourquoiJacqueline Galant et son bureau considèrent qu'une plus grande transparence et une réforme en profondeur du fonctionnement de ces structures est primordiale.

Pour cela, 9 propositions sont avancées, propres à l'arrondissement de Mons-Borinage et qui doivent en faire un exemple à suivre en matière de transparence. Elles s'inscrivent dans la lignée de la position du MR concernant les structures publiques, mais se veulent proactives. En voici les principales.

Un cadastre des mandats

"Cela fait longtemps que l'on réfléchit à avoir un cadastre des mandats. Cela a été un vrai casse-tête d'avoir accès à l'ensemble des mandataires", souligne encore Jacqueline Galant. C'est pourquoi avoir cadastre des mandats, accessible via un simple clic sur un site web, serait une première grande étape en matière de transparence.

"On voudrait un site internet au niveau de la Région wallonne, où se trouveraient toutes les informations". Que chaque citoyen pourrait consulter

Un audit pour chaque intercommunale et société de logement

Après la photographie des mandataires, place au mode de fonctionnement. Avoir trois intercommunales sur un même territoire qui travaille sur une même matière comme la santé, est-ce bien nécessaire? A-t-on besoin d'autant d'administrateurs dans chaque structure?

Pour avoir les réponses, le MR Mons-Borinage demande qu'un audit soit diligenté dans chacune des 16 structures publiques de l'arrondissement, les intercommunales comme les sociétés de logement.

Professionnaliser les administrateurs

Jacqueline Galant l'avoue: "quand j'étais administratrice à l'hôpital Ambroise Paré, je n'étais pas à l'aise une fois que l'on commençait à parler de matières spécifiques comme la dialyse..." Elle ne devait pas être la seule mandataire à patauger dans des matières auxquelles elle ne connaissaitrien. C'est pourquoi le MR local demande que les administrateurs désignés aient un profil cohérent avec la structure qu'ils intègrent.

Car actuellement, les désignations se font plutôt sur le mode copinage, promotion ou lot de consolation. "C'est surtout pour donner un plus à un mandataire public. Mais aujourd'hui, il faut professionnaliser les administrateurs. Nous avons besoin de personnes qui sont à l'aise avec leur fonction".

Pour cela, les libéraux borains aimeraient obliger et non plus inviter les administrateurs à suivre une formation et veulent une forme de contrôle pour s'assurer que les mandataires ont bien fait leurs devoirs.

Ouvrir à la société civile

Cette professionnalisation des instances se verrait renforcée si elles étaient ouvertes à la société civile. L'idée: que les communes puissent nommer des administrateurs qui ne soient pas issus du Collège ou du Conseil communal. Une mesure qui nécessiterait des modifications du décret du 5 décembre 1996 relatif aux intercommunale.

Une partie des mandats d'administrateurs serait réservéeà des citoyens neutres, hors des instances communales ou provinciales, et qui n'ont pas de cartede parti. Ces personnes candidateraient via un appel lancé par les différentes communes de l'arrondissement et seraient sélectionnés suivant leurs compétences, en adéquation avec l'intercommunale concernée.

Les conseils d'administration des intercommunales et sociétés de logement s'en verraient professionnalisés et quelque peu dépolitisé. Une belle idée sur le papier, mais bonne chance pour vérifier que le candidat Pierre, Paul ou Jacques n'as pas une carte d'une quelconque couleur au fond de son portefeuille, ou n'a pas été nommé plutôt grâce à ses amitiés que grâce à ses compétences. On change difficilement de comportement du jour au lendemain.

Reste maintenant à rencontrer les partenaires politiques, une invitation sera lancée avant la fin du mois. Jacqueline Galant espère qu'une déclaration commune puisse être faite avant le 31 mars. Ambitieux...